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lundi 25 août 2014

"On se construit avec, contre ou malgré sa famille"

Notre famille influence notre vie de manière déterminante
L'idée que la famille influence notre vie de manière déterminante ne constitue pas une grande nouvelle. La famille est la plus puissante structure relationnelle à laquelle l'être humain est lié. En Occident, ce lien est plus ou moins intense pendant 18 ans.  Dans notre monde occidental, cette relation, pourtant si naturelle, semble la plus difficile.

Témoignage de Katia
Mon père et ma mère se sont séparés quand j’avais 4 ans. Je me souviens que mon père est devenu un peu fou, c’est-à-dire qu’il a utilisé la violence à l’endroit de ma mère qui n’en menait pas large. Ma mère nous a élevé seule pendant presque 6 ans avant de se remarier. Nous voyions notre père toutes les deux fins de semaine.
Après un temps, mon père s’est mis en ménage avec une femme qui avait aussi deux enfants. Au début, c’était bien. La femme était gentille avec nous mais quand son fils s’est mis à avoir des problèmes de comportement-il mentait, volait, faisait des crises-notre père s’est plus ou moins détourné de nous. L’affaire, c’est que cet enfant mobilisait toute l’attention et que nous soyons là ou pas, notre père ne se souciait plus de nous. Quand sa blonde est tombée enceinte de notre petite soeur, ça n’a fait qu’empirer.
Il n’est pas un mauvais père, il est un père absent, donc, pas un bon père non plus. Quand il s’occupait de nous, c’était seulement pour nous attribuer des tâches. À 15 ans, j’ai vécu une peine d’amour; jamais il ne s’est informé, mais quand il l’a su, il m’a dit que ça me passerait et que je trouverais un autre mec bien assez tôt. Je trouve son indifférence ordinaire.
Son attitude a beaucoup affecté mon frère. Il s’est senti ignoré et il trouvait que notre père avait changé de camp : à son avis, il aimait plus les enfants de sa blonde que  nous. Vers l’âge d 15-16 ans, nous avons essayé de lui en parler mais il a tout rejeté en bloc. Il a dit que notre mère nous avait monté contre lui.  Cela m’a tellement fâché que je ne voulais plus le revoir. J’avais du ménage à faire dans mes émotions parce qu’elles m’empêchaient de voir si mes réactions étaient justifiées ou pas, aussi dans mes autres relations importantes.
Ma honte de moi, mon incapacité de voir vraiment ce qui se passait avec mon chum me faisait sentir coupable, mais je me sentais paralysée. J’ai parlé à ma mère des flashbacks que j’avais du temps de la séparation de mon père et ma mère. Elle a suggéré que je fasse une démarche quand elle a su que mon nouveau chum me faisait des vacheries. Elle trouvait que je n’avais pas beaucoup d’estime de moi d’accepter ces comportements.  C’est vrai que je me sentais moins que rien.
Par le temps que j’ai commencé ma démarche, il m’avait déjà trompé deux fois et il me traitait de niaiseuse devant ses amis. Je savais que ce n’était pas sain, mais j’ai continué avec lui me disant qu’à force de me connaître, il se calmerait et qu’il finirait par considérer l’exclusivité sexuelle comme moi. Ma mère m’a aidé, j’ai accepté de faire la démarche pour parvenir à me séparer de lui.
Mon plan d’intervention que j’ai rédigé avec Lorraine incluait une période d’observation dans ma relation : j’ai observé les propos de S. à mon égard, ses demandes, ses exigences et les attentes que j’avais à son égard. Ça m’a vraiment donné des outils pour prendre ma décision de le laisser.
Ça fait maintenant plusieurs mois que j’ai terminé la relation avec l’ex-chum, et même si je cherche présentement un nouvel ami, je sais que je devrai être vigilante.
Par contre, j’ai une nouvelle compréhension de  notre vie avec notre père. Je ne suis plus toute mêlée et ça me permet de me rendre plus compte des bons coups de mon père à qui je n’ai pas fini de pardonner. J’espère un jour pouvoir lui dire combien j’aurais voulu être proche de lui, je l’aime mais j’ai encore mal de son attitude. Je me fais confiance davantage. Je n’ai pas tout réglé mais je prends de l’assurance dans mes décisions qui ont affaire avec mon cœur. C’est un pas énorme pour moi.
Dans ma démarche, mes réactions avaient un sens, même si je ne les comprenais pas toujours auparavant. Elles nourrissaient un besoin vital profond. Je fais maintenant la distinction entre ce que ma réaction m’a permis d’obtenir et ce que je voulais obtenir. J'identifie mieux mes besoins.

La famille apprend à l’enfant ses normes et ses valeurs
Même quand on observe une plus grande autonomisation de l’individu en lien avec la structure familiale dans notre société, le choix du conjoint, de ses conditions de vie, les croyances restent déterminées par les expériences au sein du couple papa-maman. La raison étant que la famille apprend à l’enfant les normes et les valeurs de sa collectivité. C’est une forme d’héritage offerte sans pour autant y mettre des mots; elle fait partie de la socialisation. C’est un processus qui se poursuit aussi à travers toute la scolarisation de l’enfant.

Le système familial est fondamental
Quoique ce processus soit interactif, la force du système familial est la plus fondamentale et le système familial continue d’influencer toutes nos relations et comment nous les filtrons. Serait-ce donc une illusion de penser que nous avons la maîtrise de nos vies? Même quand on fait sa vie loin de la famille, elle demeure présente en nous.

Le choix d'un conjoint n'est pas complètement "individuel"
Bien sûr, c'est par attirance que deux jeunes individus décident de de former un couple, mais le choix d'un conjoint dans notre société moderne n'est pas complètement "individuel". En apparence libre, le choix est souvent déterminé par des perspectives inconscientes qui échappent à l'individu.

Un modèle parental autoritaire non fondé sur « la démocratie familiale
Dans le cas présent, le modèle parental auquel Katia fait référence dans son témoignage est un modèle parental autoritaire qui ne semble pas fondé sur « la démocratie familiale. Le stress vécu lors de la séparation alors qu’elle n’avait que 4 ans a figé un comportement d’hébétude et de soumission, un peu comme si sa réaction naturelle était de n’en avoir aucune et de tout accepter par amour. Le récit de vie de Katia était empreint de culpabilité.

Les troubles émotionnels influencés par une relation familiale conflictuelle 
Selon plusieurs experts en santé mentale, les maux physiques, occasionnels ou chroniques, aussi bien que les troubles émotionnels peuvent provenir d'une relation conflictuelle au sein de la famille. Nous sommes tous et toutes parties prenantes de dynamiques familiales profondes et inconscientes qui se manifestent de différentes façons. Une même dynamique peut induire différents malaises de stress chez les membres d'une même famille. Ainsi, un membre sentira ses entrailles se tordre alors que l'autre éprouvera une crise d'eczéma suite à une réunion familiale.

Message de Lorraine Loranger
Dans une société qui confond vitesse et résultats, ceux qui apprennent à ralentir vivent mieux le présent dans toute sa capacité. Ma pratique propose plusieurs ateliers pour la gestion de stress: apprivoiser le récit de vie, la communication non-verbale et prochainement la relaxation sensorielle avec 16 thèmes différents sont parmi les plus utiles. Des conférences sur la gestion de stress sont disponibles sur demande.

Commencez chaque journée comme étant une nouvelle journée, trouvez votre destinée, croyez en qui vous êtes et en qui vous voulez devenir.

Créez la vie que vous désirez. Commencez votre trajet avec une démarche puissante en possibilités...celle d’une nouvelle vie…la vie que vous voulez…retrouvez votre pouvoir  pour prendre en charge votre destinée.

Merci de soutenir la mission éducative de Lorraine Loranger en transférant ce communiqué à vos contacts.

lundi 26 mai 2014

L'injustice vécue comme une violence

La résilience des enfants
Les enfants sont à la fois plus fragiles et plus résilients que l'on pense. Mais il faut bien avouer que, sans le cerveau qui prend la relève quand les obstacles se révèlent trop pénibles, on ne parlerait pas de résilience et on parlerait de vies qui tournent parfois au drame. Il n'en reste pas moins qu'un enfant qui vit l'injustice  familiale vivra les répercussions de l'injustice comme une violence dans sa vie d’adulte, souvent avec une sensibilité plus grande que la moyenne.
L'injustice parentale
L’injustice génère la comparaison à la base de la convoitise dans la fratrie (Bourbeau, 2000) et va entraîner deux formes de violence. La première, une violence passive dirigée contre soi sera construite sur la dépréciation et la dévalorisation de soi qui sont des façons de refuser d’affronter la vie avec ce que l’on a et ce que l’on est.

Une compétition pour recevoir de l’amour
L’autre forme est une violence active dirigée contre l’extérieur. La rivalité de l’enfance va consister à tenter de s’approprier ce que possède l’autre ou à l’empêcher d’en jouir, à le nier, en le culpabilisant, en tentant de prouver par tous les moyens qu’il est le meilleur ou celui qui est le plus digne de recevoir de l’amour. Quoique malsain, cela permet de survivre tant bien que mal.

Les besoins particuliers de l'enfant
Peu de facteurs compensatoires ou de ressources peuvent compenser pour les méthodes de parentage inappropriées. Même quand les interactions sont positives entre les membres de la famille et qu'il existe un réseau de soutien social, ils ne peuvent prendre en charge les besoins particuliers de l'enfant: son stade de développement, ses sensibilités propres, ses besoins spéciaux, les difficultés de son tempérament, sa santé physique ou ses problèmes d'apprentissage. L'enfant devra faire face seul à sa situation.

Témoignage de Liliane
Liliane a vécu l'injustice dans sa famille. Elle confie:
 "Ma mère a toujours préféré ma soeur. Aujourd'hui, quand je lui (mère) en parle, elle me dit que je suis responsable de ne pas avoir été aimée: d'une part, parce que j'étais souvent malade et aussi parce que, selon elle, j'avais du caractère. Je suis donc coupable de n'avoir pas su me faire aimer.
J'ai de la difficulté à entendre cela, je me sens repoussée. Pendant des années, j'ai fait celle qui s'en balançait, mais avec l'âge, la peine a gagné une place importante dans mon coeur. De savoir que ma mère ne me trouvait pas aimable me galvanise: je suis en colère, mais encore plus, je me sens affaiblie par un sentiment de peine immense. Je me demande aujourd'hui si mes actions dans mon travail et dans ma vie courante ont été motivées pour recevoir de l'amour. Je ne trouve pas de réponse, mais cela me pose question".

L’enfant s’engage dans une quête d’amour
Chaque enfant s’engage dans une quête d’amour avec la certitude qu’il sera accueilli et aimé par ses parents. Pourtant, Liliane ne s’est pas sentie aimée pour ce qu'elle était. Pour toutes sortes de raisons connues et inconnues (carences personnelles, blessures d’estime, fatigue, maladies), ses parents n’ont pas répondu à sa faim d’amour.


Le sentiment d'abandon
L’expression d’une souffrance liée au sentiment d’abandon dans la relation à l’autre suite à une injustice familiale se traduit souvent par des manifestations de repli sur soi, de dépression, de conduites d’anxiété, d’agressivité, voire même d’automutilation.


Une stratégie contraignante
Dans une tentative pour s’adapter, elle a vite pris le parti de se faire aimer pour ce qu'elle faisait, s'en demandant toujours davantage, en développant un perfectionnisme qui impose de ne jamais se tromper, de tout faire à la perfection, ne sachant mettre des limites par peur de ne plus être aimée. Cette stratégie contraignante a pour but de la protéger de l’effet toxique de l’insuffisance de liens d’amour et de tendresse avec ses parents tout en s’assurant au moins leur présence physique par des somatisations fréquentes.

Colérique pour se défendre, elle finit par en faire trop. Seulement quand elle tombe gravement malade peut-elle négocier ses engagements. Que de deuils à affronter, que d'espoirs déçus!

Il est malheureux que ce soient souvent les personnes significatives dans la vie d'un enfant qui lui infligent les blessures les plus dommageables. Les parents font de leur mieux, mais ils viennent eux aussi avec un bagage de blessures qui est souvent transmis à travers leurs méthodes d'éducation. L'autre facteur influençant le point de vue des enfants adultes blessés est qu'en tant qu'enfants, ils ramènent facilement à eux les raisons de l'injustice, le rejet, la violence, etc...



Témoignage de Sandrine 

A l'aube de la trentaine, j'ai décidé de suivre une démarche, et je m'y tiens depuis un an. Je manquais de repères dans ma relation de couple. Je me sentais toujours au banc des accusés comme dans ma famille d’origine. Dans mes rêves d’enfant, on me poursuivait pour ma méchanceté et dans ma vie de couple, j’étais toujours « la méchante ».

Les démons du passé venaient perturber ma vie de couple. Je n'étais pas en paix avec moi-même, la colère avait beaucoup d’emprise sur moi. Je me défendais de tout et je croyais qu’on ne me respectait pas. Ça créait des tensions entre mon mari et moi.

Après quelques mois, je me suis sentie beaucoup mieux. Ce besoin d'introspection a été tout à fait bénéfique. Lorraine me recommandait de faire de la méditation pour maintenir mes bonnes habitudes, mais j’ai la tête dure. Je m’y suis mise en janvier cette année. Effectivement, je me sens plus sereine, beaucoup plus épanouie dans ma vie de femme et de mère. Je travaille sur moi : je suis moins exigeante et un suivi régulier me donne des outils pratiques.


Prendre sa responsabilité
Se connaître mieux permet d'appréhender les choses de la vie avec lucidité et de prendre davantage sa responsabilité. Et plus on parvient à déterminer ce dont on a plus envie, dans le plus grand respect de soi, plus on l’accorde aussi aux autres. L'approche narrative du récit de vie permet un regard à distance sur les événements.


Témoignage d’Arielle

Mes parents sont deux bonnes personnes avec de belles valeurs. Je me compte chanceuse d'être née d'eux.

Ceci dit, l'injustice dans ma famille m'a fait très mal. Je suis la plus jeune d'une famille de trois enfants. Mes parents se sont séparés quand j'étais très jeune et j’ai vite versé dans la somatisation pour avoir de l’attention.

Mon frère, le seul garçon, a toujours été considéré comme la 7e merveille du monde, tant du côté de ma mère que de mon père. Tout lui souriait. Ma soeur, elle, exigeait l'attention avec ses comportements exagérés et son indépendance. Moi, la petite dernière, je devais suivre et être tranquille. J'étais "pas de trouble". J'étais une enfant docile, ne pouvant rivaliser ni avec l'un ni avec l'autre.

À part quand j’étais malade, je disparaissais facilement, tentant d'avoir l'attention en étant fine, mais quand j'ai commencé ma démarche, je me suis sentie vide et pas correcte. Peut-on se sentir si blessée de ne pas sentir l'amour des autres?

D'une part, lorsque j'avais tenté de le dire à ma mère, elle se sentait accusée et elle se forçait pour valider ce qu'elle avait fait comme mère. On aurait dit que je lui en demandais trop. Quant à mon père, je ne pensais pas pouvoir lui en parler. Il me dirait d'aller faire plus de sport! Ma passivité a toujours semblé l'accommoder si bien que ce n'est pas quelque chose dont je puisse lui parler. Dans ma famille, on ne me reconnaissait pas; c'est ça, la grande injustice. Ma responsabilité, c'est de ne pas savoir demander du temps d'antenne: quand je le fais, je sens l'impatience et je me ferme.  

Après trois mois en récit de vie, je me sens plus assurée. J'exprime plus mes besoins et mon point de vue sans me démonter, sans me replier sur moi-même. Je ne me lâche plus comme avant, et si on m'aime moins pour ça, je demeure plus autonome dans mes sentiments.

Ma mère n'aime toujours pas que je lui parle de mon enfance, mais au moins, c'est dit. Je crois que ma mère en est malheureuse, mais le "paraître" est plus important que la communication vraie avec ses enfants. C'est nous qui devons la rassurer. Contrairement à mon frère, moi, je n'attends plus que mes parents changent. Ça fait du bien, mon coeur est plus léger et je profite plus de ma vie.

Je suis contente d'avoir fait ma démarche, les choses sont plus claires pour moi, merci!


Injustices/violence et clivage
L’injustice dirigée sur un enfant lors de situations familiales cause parfois un traumatisme émotif qui peut nuire à la faculté à se sentir en sécurité dans son environnement. L'individu peut avoir vécu un seul événement d’injustice et en être profondément affecté.
Impacts de l'utilisation excessive de la critique et du harcèlement verbal
Quand les parents appellent leurs enfants par toute sorte de noms, l’enfant peut se sentir rejeté. L'utilisation excessive de la critique et du harcèlement verbal, l'utilisation de techniques disciplinaires inacceptables, l'absence d'affection physique ou verbale envers les enfants, l'absence de stimulation appropriée au développement des possibilités de l'enfant, l'exposition à la violence familiale et d'autres expériences semblables causés par les personnes s'occupant de l'enfant laissent des traces sur l’estime de soi. 


Témoignage de Chantal

Chez nous, les méthodes d'éducation des enfants violaient plusieurs de nos besoins fondamentaux. On se faisait crier après, insulter, et menacer pour toutes sortes de raison. C’était des actes non physiques envers les enfants qui ne laissaient aucune marque visible, mais qui ont causé des dommages sérieux.

Quand j’ai fait mes classes de pédiatrie, je me suis rendue compte que mes parents  utilisaient des méthodes de parentage proche de la violence psychologique. Dès l’âge de 4 ans, pour contrôler nos comportements, notre père nous punissait en nous enfermant dans une penderie la nuit. Ça durait des heures. J’avais tellement peur de lui. Je me souviens de cauchemars qui me remplissaient d’effroi. Ma sœur, elle, se réfugiait aux pieds du lit de mes parents qui la laissaient par terre comme si de rien n’était. Personne ne reparlait de ces événements.

Mon plus jeune frère a fait des psychoses à partir de ses treize ans. Vous imaginez la honte dans une famille dont le père a un standing particulier. Nous n’avions, aucun de nous, le bon profil pour nos parents qui voulaient des enfants aussi parfaits qu’eux.

Ma démarche m’a soulagée, j’ai laissé aller un grand poids. La validation de mon histoire m’a grandement soulagée. Ce qui m’a le plus aidée, c’est d’être crue. Je n’ai qu’un désir, que mon frère et ma soeur fassent une telle démarche.  

Injustices/violence et clivage
L’injustice dirigée sur un enfant lors de situations familiales cause parfois un traumatisme émotif qui peut nuire à la faculté à se sentir en sécurité dans son environnement. L'individu peut avoir vécu un seul événement d’injustice et en être profondément affecté.

Impacts de l'utilisation excessive de la critique et du harcèlement verbal
Quand les parents appellent leurs enfants par toute sorte de noms, l’enfant peut se sentir rejeté. L'utilisation excessive de la critique et du harcèlement verbal, l'utilisation de techniques disciplinaires inacceptables, l'absence d'affection physique ou verbale envers les enfants, l'absence de stimulation appropriée au développement des possibilités de l'enfant, l'exposition à la violence familiale et d'autres expériences semblables causés "par les personnes s'occupant de l'enfant laissent des traces sur l’estime de soi. 


Message de Lorraine Loranger
Dans une société qui confond vitesse et résultats, ceux qui apprennent à ralentir vivent mieux le présent dans toute sa capacité. Ma pratique propose plusieurs ateliers pour la gestion de stress: apprivoiser le récit de vie, la communication non-verbale et prochainement la relaxation sensorielle avec 16 thèmes différents sont parmi les plus utiles. Des conférences sur la gestion de stress sont disponibles sur demande.

Commencez chaque journée comme étant une nouvelle journée, trouvez votre destinée, croyez en qui vous êtes et en qui vous voulez devenir.

Créez la vie que vous désirez. Commencez votre trajet avec une démarche puissante en possibilités...celle d’une nouvelle vie…la vie que vous voulez…retrouvez votre pouvoir  pour prendre en charge votre destinée.

Merci de soutenir la mission éducative de Lorraine Loranger en transférant ce communiqué à vos contacts.

lundi 5 mai 2014

Le corps sert de boussole pour illustrer sa réaction au stress

Selon l'Institut de recherche en construction du Conseil national de recherches du Canada, les parcs à bureaux représentent au moins 70% des bureaux en Amérique du Nord. «Tant ces parcs à bureaux que d'autres milieux bruyants comme les salles de classe ou les CPE n'ont pas été construits ou aménagés en tenant compte du confort acoustique des employés, se désole Tony Leroux, directeur de l'École d'orthophonie et d'audiologie de l'Université de Montréal.

Témoignage de Nadine 
Depuis 5 ans, je travaille dans un bureau à aire ouverte. À l’automne, je me suis rendue compte que je m’isolais de mes collègues. J’ai essayé de trouver des solutions, mais je me sentais toujours à bout de souffle et agressive. Même si j'augmentais le volume de mon casque d'écoute, il y a des journées où je sortais complètement épuisée de mon bureau.
Les conversations de mes collègues m’irritaient, les sonneries de téléphone, les cliquetis de clavier, l'ascenseur et la machine à café, tout me tapait sur les nerfs : nombreuses étaient les sources de bruit qui nuisaient à mon efficacité. Ça perturbait ma concentration, les éclats de voix me dérangeaient, surtout lorsque je faisais de la recherche pour mon travail.  
Ma concentration diminuait, ce qui avait pour effet d'augmenter les risques d'erreurs. J’ai beau comprendre que ces espaces de plus en plus décloisonnés et densément occupés sont économiques et efficients, les problèmes de niveau de bruit est un des facteurs de stress à mon travail.
J’éprouvais de sérieuses migraines et des douleurs peu fréquentes, mais toutefois pénibles aux articulations. Mon médecin parlait de fibromyalgie, ce qui m’apeurait. Mon attitude agressive inhabituelle me surprenait moi-même.

Nadine regrette le temps où elle travaillait dans un bureau fermé.
«Mon espace de travail se trouve juste devant une salle de réunion », explique cette chercheuse en santé animale.
Je suis partie en congé-maladie pour 2 semaines, je croyais que cela suffirait. Revenue au bureau, je me sentais pire encore, rien, ni personne n’y pouvait quoi que ce soit. Mon médecin de famille me déclara alors en burnout.
Il fallait que je m’en sorte. J’ai fait un peu de recherche et je suis tombée sur un site intéressant. Le récit de vie m’intéressait pour diverses raisons et après avoir lu plusieurs articles, je me suis renseigné sur le fonctionnement du Centre Au Nom de la Santé.
Je suis passée aux choses sérieuses dès le début de ma démarche et j’ai senti mes perceptions du monde extérieur changer. Après un séjour de 7 jours, je suis retournée travailler et mon attitude était définitivement modifiée. Même mes pensées de persécution avaient disparues. Je n’anticipais plus les situations et j’avais le sentiment d'être en mesure d'exercer quelque contrôle sur les événements.
La pratique de la méditation que j’ai faite quelques semaines plus tard m’a beaucoup aidé à garder mon humeur stable et j’ai pu mettre plusieurs choses derrière moi pour mon plus grand bien. Je me suis même adopté un chien et je respecte mon plan d’intervention en faisant de l’exercice tous les jours. C’est merveilleux de se sentir en forme et en santé! »

Le corps humain perçoit le bruit comme un signal d'alerte
Le corps humain perçoit le bruit comme un signal d'alerte, explique Tony Leroux. Même si on sait qu'aucun mammouth ne va nous attaquer sur notre lieu de travail, le corps envoie automatiquement un signal pour se préparer à fuir ou à se défendre contre un danger. Le coeur bat plus vite, le sang se dirige vers les muscles et la pression artérielle augmente. Ces réactions finissent par s'émousser avec le temps et induisent une fatigue, indique-t-il. Ses effets, combinés à d'autres facteurs, entraînent à long terme une baisse de productivité et parfois même de l'absentéisme et des troubles de santé mentale.

Éprouver de telles tensions dans ces circonstances est normal
Éprouver de telles tensions dans ces circonstances est normal, mais quand le sentiment de sécurité de l’individu est rompu par le stress, la capacité d’obtenir un équilibre de la pensée et des émotions se trouve diminuée; encore plus difficile cela rendra-t-il la capacité d’utiliser le stress comme occasion d’apprentissage et de croissance personnelle.

Actualiser sa vie pour trouver un nouveau sens à son existence
Associé aux maux comme le stress, les angoisses, les phobies, les dépendances toxicologiques, les traumatismes, la dépendance affective, les deuils, l'anorexie, la boulimie, les problèmes liés à la sexualité, la dépression, les migraines, les sinusites, les douleurs chroniques, la démarche du récit de vie permet d’actualiser sa vie pour trouver un nouveau sens aux événements de sa vie, pour développer plus de confiance en soi, pour aller vers l'acceptation et l’estime de soi en intégrant ses vieilles émotions à sa personnalité.

La santé émotionnelle ne se résume pas à surmonter le stress
Le paysage émotionnel de notre société hautement développée laisse voir des traces de combats internes chez de nombreux individus. La santé émotionnelle ne se résume pas à la capacité de surmonter le stress. Elle entre en jeu dans toutes les sphères de notre existence.

Le stress est la maladie de notre siècle
Le stress est la maladie de notre siècle et il peut devenir une accoutumance. Le stress est une composante importante de la vie moderne et les outils que choisissent les individus pour s’y ajuster sont reliés à des facteurs tels que les circonstances externes, l’intensité et le déroulement rapide d’événements, les ressources individuelles disponibles et ses prédispositions pour l’une ou l’autre de stratégies d’adaptation connues.

Notre corps réagit devant une situation stressante 
Il n’y a pas si longtemps, on ne croyait pas que la colère ou la culpabilité et la honte puisse déclencher un ulcère, un mal de tête, ou une pathologie cardiaque. Nous savons, pour l’avoir expérimenté, que notre corps réagit devant une situation stressante : les palpitations de notre cœur augmentent et nos mains deviennent moites.

La corrélation entre un épisode de stress et l'apparition de petits problèmes de santé
L’interprétation du moment actuel est souvent en lien avec une expérience passée douloureuse. Une étude récente, menée par le docteur Réjean Tessier, de l'Université Laval, permet d'établir une nette corrélation entre un épisode de stress ou de dépression et l'apparition trois mois plus tard de petits problèmes de santé: kystes, ulcères, hernies, maux de tête récurrents... Comme si l'anxiété ou le chagrin s'incarnait, se matérialisait dans la chair. Une colère réprimée? Et voilà qu'une affreuse migraine vous broie la tête. 

«Dans toute maladie, affirme le docteur Jean Lapierre, l'un des pionniers de la médecine psychosomatique au Québec, il y a participation du psychique et du physique.» 

VIVEZ VOS ÉMOTIONS, RIEZ, PLEUREZ... VOUS FEREZ FUIR LA MALADIE Source: CYR, Mario. Le Bel Âge, Février 1990.

Les stress élécitent une réaction individuelle
Chacun d’entre nous réagit différemment lorsque confronté à une situation stressante. On peut classer les signes de stress en quatre grandes catégories : les réactions physiologiques, cognitives, émotionnelles et comportementales. Chacune de ces formes de stress élucidera une réaction individuelle.

Pour réduire le stress
Pour réduire le stress, il faut prendre le temps d'écouter la personne, établir la confiance… c'est la priorité pour qu'elle se sente à l'aise de raconter son histoire de vie. Quand nous établissons par la suite un plan d'action avec des repères et des objectifs concrets, chaque petit pas sera une avancée vers le mieux-être, pour ne plus se sentir "coincée" dans ses émotions et le stress.

Pour diminuer le stress
Pour diminuer le stress, les objectifs doivent être réalistes : lui donner des outils qu’elle sera en mesure d’utiliser à chaque fois qu’elle en ressent le besoin aide à maintenir le stress à un niveau acceptable.



Message de Lorraine Loranger
Dans une société qui confond vitesse et résultats, ceux qui apprennent à ralentir vivent mieux le présent dans toute sa capacité. Ma pratique propose plusieurs ateliers pour la gestion de stress: apprivoiser le récit de vie, la communication non-verbale et prochainement la relaxation sensorielle avec 16 thèmes différents sont parmi les plus utiles. Des conférences sur la gestion de stress sont disponibles sur demande.

Commencez chaque journée comme étant une nouvelle journée, trouvez votre destinée, croyez en qui vous êtes et en qui vous voulez devenir.

Créez la vie que vous désirez. Commencez votre trajet avec une démarche puissante en possibilités...celle d’une nouvelle vie…la vie que vous voulez…retrouvez votre pouvoir  pour prendre en charge votre destinée.

Merci de soutenir la mission éducative de Lorraine Loranger en transférant ce communiqué à vos contacts intéressés.






samedi 18 janvier 2014

Revenir sur soi pour éviter de faire du surplace

Reconnaître ses habiletés et ses possibilités
Dans un trajet comme celui du récit de vie émotionnel, il est important de favoriser tout ce qui permet à la personne de reconnaître ses habiletés, ses possibilités. Pour cela, accorder de l’importance à ce qui fonctionne déjà est un précepte qui me sert tout au long de ma relation professionnelle avec un client. Pour coopérer avec la personne, il s’agit de faire de l’accompagnement, de permettre à chacun de créer « ses mouvements », « ses occasions ». L'approche narrative doit répondre aux besoins du participant.

La « carte du monde » a ses clés de compréhension
Comme une personne est beaucoup plus complexe qu’une simple « carte du monde », le langage est la clé, autant dans la compréhension du fonctionnement de l’autre que dans la création d’une intervention créative qui peut devenir un outil qui l'invite au changement.

Le concept de soi ou l’image de soi
David, 46 ans, le cinquième d'une famille de six enfants, emporte avec lui la façon dont il se perçoit. Ce sentiment émane de l’affectif lié aux premières années de son enfance. On nomme ceci le concept de soi ou limage de soi. La sensibilité liée aux caractéristiques de l’environnement de l’enfance constitue le trajet du processus identitaire.   

Témoignage de David

« Puis, à un moment donné, une de mes sœurs…je lui avais donné un coup de pied…je me souviens plus pantoute…elle m’a pas parlé pendant trois ans. Ça ne me dérangeait pas…puis une fois…y avait un devoir que je ne savais pas faire. « Marie, peux-tu m’aider? « Débrouille-toi ». Elle m’a envoyé paître…longtemps… Plus tard…elle avait recommencé à me parler…on était quasiment devenus des adultes…elle était une jeune femme…elle raconte ça…« Une fois, tu m’as donné un coup de pied…je t’ai pas parlé pendant trois ans…c’était ma façon de te punir…Tu te souviens-tu de ça, David? »

La famille comme un refuge
Si la famille reste une préoccupation dominante en même temps qu’une sorte de refuge quand on en a besoin, celle de David se transforme sous ses yeux en endroit où il disparaît.  Selon ce que je comprends, la famille de David ne lui procure pas de repères identitaires bien structurants.

Un projet de naissance
Un jour, David me fait part du « projet de naissance » qu’il a été. Selon sa sœur Ghislaine, il fut reçu « comme un cadeau » par sa mère. Suite à cette confidence, je lui parle de son aptitude à l’intimité en lui disant qu’elle se façonne dès la vie fœtale. En lui faisant remarquer qu’il pourrait se vivre comme une personne digne de l’amour d’autrui, je lui demande ce que ça lui fait comme effet de s’en rappeler maintenant que sa mère est décédée. Pensant qu’à rebours cela pouvait lui faire voir son histoire différemment, je suis quelque peu surprise de l’entendre me dire qu’il n’en aurait rien su si Jean-Pierre, le cadet de la famille, le confident de sa mère ne lui en avait parlé. Il trouve incompréhensible le comportement de sa mère si les paroles de sa sœur sont véridiques. 

David a cessé de se confier à sa mère à l’âge de douze ans quand il lui a présenté un poème pour la fête des mères et qu’elle l’a ridiculisé devant toute la famille.

« Une fois, à l’école, j’avais écrit un poème à la fête des mères sur qu’est-ce que j’allais devenir plus tard. J’avais écrit : « Je veux devenir un grand peintre…je veux exprimer l’espérance. Je montre ça à ma mère, pis, elle a tellement ri, elle a tellement ri… Ma sœur Ghislaine…elle dit : « C’est quoi, cette feuille-là? »…J’ai dit : « C’est rien pantoute». Je déchire la feuille…je la crisse au poubelle… Là, c’est fini…m’man…t’auras plus rien, jamais… ».

Dans l’histoire de David, le silence des parents est une violence plus grande encore que les chicanes et les fessées données par le père, «un vrai fou » selon David. 

« La fois du vol…J’étais avec ma sœur et des amis. J’avais 8 ans peut-être…on est allé au…on a volé toutes sortes de niaiseries…une petite chauve-souris en plastique…plein d’affaires de même. On a mis ça dans une boîte de chaussure. Ma mère tombe sur la boîte de chaussures. « Qu’est-ce que c’est ça »? « Qu’est-ce qu’on lui a conté? On avait trouvé ça dans la rue…on l’a ramassé. Après ça, ça a été plus fort que moi…tant pis…si je suis stool…je suis allé le dire à maman…j’aurais pas dû lui dire. 
Elle nous parlait plus du tout. Comme de fait, y avait l’émission de Janette Bertrand : « Quelle famille! ». Cette fin de semaine-là, on écoute…pis les enfants ont volé quelque chose…pis les parents…c’est la crise. Je me sentais-tu mal? Comme ma mère…On avait plus besoin d’en parler…On en a plus jamais parlé.
Y a tellement de choses qui n’ont jamais été dites chez nous. Ma mère, elle aurait pu poigner les nerfs, puis dire : « Vous allez reporter tout ça au magasin ». Y avait rien…horrible …que le silence. Je pense que c’est pour ça aujourd’hui…de ne pas savoir…T’sé…on en avait parlé l’autre semaine…c’est tellement fatigant…là, je ne savais rien. « Qu’est-ce qui se passe dans la tête de ma mère? Je suppose qu’elle est en tabernacle…Ça va pas bien…mais y arrive rien…Y arrive jamais rien. J’ai la chienne…on sait jamais…quand papa va exploser. Ça fait trois jours qu’on a dit ça… y a pas explosé encore. Y explose pas ».

La qualité de son image de soi, renvoyée par autrui, tout autant que des modes relationnels établis avec l’environnement familial pour tenter de s’y insérer affectivement au mieux, va structurer le caractère de David et éventuellement ses troubles affectifs. Sa santé brimée lui vaudra bien des sobriquets dans sa famille d'origine; il en est blessé.

« ...Je coure tout le temps.  J’ai  une poignée dans le dos, ça, c’est sûr…c’est nerveux. Des  fois, je suis tellement bien…En gang, timide…en même temps…là, on fait des courses, c’est toujours moi qui gagne. Je vois des situations… Je me sens …d’une énergie…je suis débordant…en même temps, je suis très, très nerveux,  j’ai peur de déranger du monde…mettons, du monde que je connais…j’ai peur de déranger…mes parents…que je ne comprends pas…
C’est facile d’être heureux, mais je peux juste l’être tout seul et ça je trouve ça plate… Je suis plein de vie…la course m’aide beaucoup à satisfaire ça. Me promener dans les champs…exubérance…je me situe. Aussitôt qu’y a du monde, je me sens mal, parce que je sais plus si je dérange… Quand j’ai du fun, il me semble que je suis tout le temps tout seul…c’est difficile…dans un contexte précis…j’espère que personne va me parler… C’est le seul temps où je suis tranquille. Je ne sens pas qu’y a du vrai bonheur quand je suis petit… »..

Le sentiment identitaire à la base de la différentiation avec les autres
La permanence, la différentiation, la reconnaissance sont les composantes de base actives dans le sentiment identitaire et à partir duquel va s’opérer la perception de soi par soi. Or, pour David, celle-ci est traversée par deux sortes de jugements, soit le jugement interne de David dans sa peur de déranger, soit le jugement externe provenant d’autrui à l’effet qu’il dérange effectivement.

Rechercher un sentiment d’appartenance
David, de son propre aveu, est un homme qui aime les petites provocations pour se faire reconnaître comme « différent ». Cette double appréciation interne/externe différencie l’identité personnelle de l’identité sociale pour donner lieu à un sentiment d’appartenance. L’identité octroyée se concrétise dans la reconnaissance délivrée par la société, ce que David cherche à travers sa demande d’être « crédible » aux yeux des autres. Ce sera une demande que j’entendrai souvent au cours des semaines.

« Me crois-tu? As-tu confiance que je vais faire ce que je dis que je veux faire? »

Le principe du préjugé favorable
Le récit de David en est un où ce qui a prévalu a été la primauté de la personne (Corin, E, Bibeau, Martin et Laplante, 1990), favorisant un cheminement personnel basé sur principe du préjugé favorable envers la personne, principe qui se distingue du concept du meilleur intérêt.

Le dialogue, conçu comme un contexte de par la présence d’au moins lui et moi, intègre la confiance, la fiabilité, un rapport clair et sain qui représente un pivot capital dans notre rapport pour que son « récit » soit un succès pour lui.   En le respectant comme personne, en allant à son rythme, en ponctuant les rencontres de rituels qui à la longue ont été aussi importants pour moi que pour lui, la démarche lui donne une identité narrative, ce qu’il dit avoir beaucoup aimé. Il est devenu important à ses yeux de « se dire », il aime s’entendre se dire également.

Je comprends très tôt dans nos rencontres que son mode relationnel est de puiser la certitude d’exister dans le regard et les attitudes des autres. À partir de la qualité de l’image de soi que je lui renvoie, tout comme des modes relationnels établis avec son environnement privilégié, il tente de s’insérer affectivement, parfois en provoquant mais surtout en affrontant courageusement sa solitude sans la laisser se transformer en angoisse névrotique. Il a des liens forts avec une personne, une femme qu’il a rencontrée dans un événement particulier. David est un participant sensible et touchant. Il est  attachant et sa candeur est rafraîchissante.

Aller de l’implicite à l’explicite
Le discours lyrique de David revient souvent à un symbole d« jeu de billes ». Pour aller de l’implicite à l’explicite, c’est le symbole qui démontre sa capacité d’agir sur sa vie au quotidien.  Il est important pour lui de confronter sa peur de l’inconnu (phobie sociale) et d’entrer en dialogue avec elle par l’agir en l’entreprenant « comme une mission ». Pour lui, c’est la même chose pour la dépression, l’accablement et la tristesse. C’est une stratégie qui lui ouvre la porte à des possibilités intéressantes.    

« Pour ceux qui me liront, j’aimerais commencer mon récit en livrant le message suivant : Quoiqu’on ait à faire, qu’on le fasse. On sait tous ce qu’on devrait faire et qu’est ce qui pourrait améliorer le sort de notre vie. On sait tout ça mais on ne le fait pas. On sait, que ce matin, je devrais appeler telle ou telle personne ou poster telle lettre. On a souvent peur de déranger aussi. Mais quand on a affaire avec des professionnels, il faut se dire qu’on ne le dérangera pas. Ils sont payés pour leur travail. Alors on y va, on y va les déranger, c’est ça leur job de se faire déranger. Le monde a pas l’air de catcher ça. Quand tu vas faire réparer ton auto, as-tu peur de déranger le garagiste? C’est ça qu’il a à faire de réparer des autos ». « Donc, si vous avez à poster une lettre, contester une décision, chercher un médecin pour qu’il signe un formulaire, faites-le parce que le pire qui peut arriver c’est de recevoir un non. Ce qui au fond n’a rien de dramatique ». «En ne faisant rien, en ayant peur du refus, du rejet, de tout et de rien, on ne va pas dans le sens de la vie. Et en prime, nous demeurons sans cesse dans le doute. Et si jamais ça avait marché! »
« Si on va jusqu’au bout, et que là rien ne fonctionne, au moins on sera fixé. Et ce doute sera dissipé. On peut avoir une certaine satisfaction d’avoir tout vérifié de ses propres yeux. Vous savez, je dirais que si je n’avais pas bougé, je serais encore dans la merde aujourd’hui. Allez demander de l’aide. Il y a plein de ressources pour vous aider ».

Lui-même a un jour appelé un éminent personnage pour faire entendre sa détresse. À partir de ce jour, la plupart des intervenants qui l’ont appris, l’ont pris plus au sérieux quand il appelait pour aller en psychiatrie dans ses crises d’angoisse. Au moment de son récit de vie émotionnel, cela faisait neuf mois qu’il n’y était pas allé.

Croire le client est un geste choisi
Pour tenter d’améliorer le sort de la vie de toute personne, il faut qu’il ait le sentiment d’en être digne, non seulement à ses yeux, mais aux yeux d’autrui. Croire le client est important : ce n’est pas la vérité vraie que nous devons rechercher, c’est plutôt d’acheter « la parole qu’il est ». Cela lui redonne sa dignité.
  

Message de Lorraine Loranger
Dans une société qui confond vitesse et résultats, ceux qui apprennent à ralentir vivent mieux le présent dans toute sa capacité. Ma pratique propose plusieurs ateliers pour la gestion de stress: apprivoiser le récit de vie, la communication non-verbale et prochainement la relaxation sensorielle avec 16 thèmes différents sont parmi les plus utiles. Des conférences sur la gestion de stress sont disponibles sur demande.

Commencez chaque journée comme étant une nouvelle journée, trouvez votre destinée, croyez en qui vous êtes et en qui vous voulez devenir.

Créez la vie que vous désirez. Commencez votre trajet avec une démarche puissante en possibilités...celle d’une nouvelle vie…la vie que vous voulez…retrouvez votre pouvoir  pour prendre en charge votre destinée. 

Merci de soutenir la mission éducative de Lorraine Loranger  en transférant ce communiqué à vos contacts intéressés.