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lundi 25 août 2014

"On se construit avec, contre ou malgré sa famille"

Notre famille influence notre vie de manière déterminante
L'idée que la famille influence notre vie de manière déterminante ne constitue pas une grande nouvelle. La famille est la plus puissante structure relationnelle à laquelle l'être humain est lié. En Occident, ce lien est plus ou moins intense pendant 18 ans.  Dans notre monde occidental, cette relation, pourtant si naturelle, semble la plus difficile.

Témoignage de Katia
Mon père et ma mère se sont séparés quand j’avais 4 ans. Je me souviens que mon père est devenu un peu fou, c’est-à-dire qu’il a utilisé la violence à l’endroit de ma mère qui n’en menait pas large. Ma mère nous a élevé seule pendant presque 6 ans avant de se remarier. Nous voyions notre père toutes les deux fins de semaine.
Après un temps, mon père s’est mis en ménage avec une femme qui avait aussi deux enfants. Au début, c’était bien. La femme était gentille avec nous mais quand son fils s’est mis à avoir des problèmes de comportement-il mentait, volait, faisait des crises-notre père s’est plus ou moins détourné de nous. L’affaire, c’est que cet enfant mobilisait toute l’attention et que nous soyons là ou pas, notre père ne se souciait plus de nous. Quand sa blonde est tombée enceinte de notre petite soeur, ça n’a fait qu’empirer.
Il n’est pas un mauvais père, il est un père absent, donc, pas un bon père non plus. Quand il s’occupait de nous, c’était seulement pour nous attribuer des tâches. À 15 ans, j’ai vécu une peine d’amour; jamais il ne s’est informé, mais quand il l’a su, il m’a dit que ça me passerait et que je trouverais un autre mec bien assez tôt. Je trouve son indifférence ordinaire.
Son attitude a beaucoup affecté mon frère. Il s’est senti ignoré et il trouvait que notre père avait changé de camp : à son avis, il aimait plus les enfants de sa blonde que  nous. Vers l’âge d 15-16 ans, nous avons essayé de lui en parler mais il a tout rejeté en bloc. Il a dit que notre mère nous avait monté contre lui.  Cela m’a tellement fâché que je ne voulais plus le revoir. J’avais du ménage à faire dans mes émotions parce qu’elles m’empêchaient de voir si mes réactions étaient justifiées ou pas, aussi dans mes autres relations importantes.
Ma honte de moi, mon incapacité de voir vraiment ce qui se passait avec mon chum me faisait sentir coupable, mais je me sentais paralysée. J’ai parlé à ma mère des flashbacks que j’avais du temps de la séparation de mon père et ma mère. Elle a suggéré que je fasse une démarche quand elle a su que mon nouveau chum me faisait des vacheries. Elle trouvait que je n’avais pas beaucoup d’estime de moi d’accepter ces comportements.  C’est vrai que je me sentais moins que rien.
Par le temps que j’ai commencé ma démarche, il m’avait déjà trompé deux fois et il me traitait de niaiseuse devant ses amis. Je savais que ce n’était pas sain, mais j’ai continué avec lui me disant qu’à force de me connaître, il se calmerait et qu’il finirait par considérer l’exclusivité sexuelle comme moi. Ma mère m’a aidé, j’ai accepté de faire la démarche pour parvenir à me séparer de lui.
Mon plan d’intervention que j’ai rédigé avec Lorraine incluait une période d’observation dans ma relation : j’ai observé les propos de S. à mon égard, ses demandes, ses exigences et les attentes que j’avais à son égard. Ça m’a vraiment donné des outils pour prendre ma décision de le laisser.
Ça fait maintenant plusieurs mois que j’ai terminé la relation avec l’ex-chum, et même si je cherche présentement un nouvel ami, je sais que je devrai être vigilante.
Par contre, j’ai une nouvelle compréhension de  notre vie avec notre père. Je ne suis plus toute mêlée et ça me permet de me rendre plus compte des bons coups de mon père à qui je n’ai pas fini de pardonner. J’espère un jour pouvoir lui dire combien j’aurais voulu être proche de lui, je l’aime mais j’ai encore mal de son attitude. Je me fais confiance davantage. Je n’ai pas tout réglé mais je prends de l’assurance dans mes décisions qui ont affaire avec mon cœur. C’est un pas énorme pour moi.
Dans ma démarche, mes réactions avaient un sens, même si je ne les comprenais pas toujours auparavant. Elles nourrissaient un besoin vital profond. Je fais maintenant la distinction entre ce que ma réaction m’a permis d’obtenir et ce que je voulais obtenir. J'identifie mieux mes besoins.

La famille apprend à l’enfant ses normes et ses valeurs
Même quand on observe une plus grande autonomisation de l’individu en lien avec la structure familiale dans notre société, le choix du conjoint, de ses conditions de vie, les croyances restent déterminées par les expériences au sein du couple papa-maman. La raison étant que la famille apprend à l’enfant les normes et les valeurs de sa collectivité. C’est une forme d’héritage offerte sans pour autant y mettre des mots; elle fait partie de la socialisation. C’est un processus qui se poursuit aussi à travers toute la scolarisation de l’enfant.

Le système familial est fondamental
Quoique ce processus soit interactif, la force du système familial est la plus fondamentale et le système familial continue d’influencer toutes nos relations et comment nous les filtrons. Serait-ce donc une illusion de penser que nous avons la maîtrise de nos vies? Même quand on fait sa vie loin de la famille, elle demeure présente en nous.

Le choix d'un conjoint n'est pas complètement "individuel"
Bien sûr, c'est par attirance que deux jeunes individus décident de de former un couple, mais le choix d'un conjoint dans notre société moderne n'est pas complètement "individuel". En apparence libre, le choix est souvent déterminé par des perspectives inconscientes qui échappent à l'individu.

Un modèle parental autoritaire non fondé sur « la démocratie familiale
Dans le cas présent, le modèle parental auquel Katia fait référence dans son témoignage est un modèle parental autoritaire qui ne semble pas fondé sur « la démocratie familiale. Le stress vécu lors de la séparation alors qu’elle n’avait que 4 ans a figé un comportement d’hébétude et de soumission, un peu comme si sa réaction naturelle était de n’en avoir aucune et de tout accepter par amour. Le récit de vie de Katia était empreint de culpabilité.

Les troubles émotionnels influencés par une relation familiale conflictuelle 
Selon plusieurs experts en santé mentale, les maux physiques, occasionnels ou chroniques, aussi bien que les troubles émotionnels peuvent provenir d'une relation conflictuelle au sein de la famille. Nous sommes tous et toutes parties prenantes de dynamiques familiales profondes et inconscientes qui se manifestent de différentes façons. Une même dynamique peut induire différents malaises de stress chez les membres d'une même famille. Ainsi, un membre sentira ses entrailles se tordre alors que l'autre éprouvera une crise d'eczéma suite à une réunion familiale.

Message de Lorraine Loranger
Dans une société qui confond vitesse et résultats, ceux qui apprennent à ralentir vivent mieux le présent dans toute sa capacité. Ma pratique propose plusieurs ateliers pour la gestion de stress: apprivoiser le récit de vie, la communication non-verbale et prochainement la relaxation sensorielle avec 16 thèmes différents sont parmi les plus utiles. Des conférences sur la gestion de stress sont disponibles sur demande.

Commencez chaque journée comme étant une nouvelle journée, trouvez votre destinée, croyez en qui vous êtes et en qui vous voulez devenir.

Créez la vie que vous désirez. Commencez votre trajet avec une démarche puissante en possibilités...celle d’une nouvelle vie…la vie que vous voulez…retrouvez votre pouvoir  pour prendre en charge votre destinée.

Merci de soutenir la mission éducative de Lorraine Loranger en transférant ce communiqué à vos contacts.

mardi 23 avril 2013

La mise à jour des secrets de famille pour dénouer des impasses

Les "trous" que créent les secrets sur les échecs de vie, les problèmes de divorce, les familles recomposées, laissent plusieurs membres dans un questionnement.

La famille désigne un ensemble de personnes unies par des liens de parenté (Gide). Chacun la considère une valeur sûre, capable de permettre de se réaliser et d'obtenir ainsi le bonheur. Même quand la "famille" semble une réalité bien admise, elle peut être source de souffrances. Chacun sait que converser sur la famille n'est jamais neutre. Chaque famille a vécu des "stress" dont elle n'a jamais parlé.

Le dictionnaire donne trois définitions du mot « secret » : ce sont trois manières de saisir ce qu’est un secret : 1- ce qui est délibérément dissimulé; 2- ce qu’on ne sait pas; 3- ce qui reste à découvrir.

Le sentiment d’appartenance est responsable de la loyauté inconsciente de l’individu envers son « clan »
Selon les experts sur « les secrets de famille », le sentiment d’appartenance dans la pyramide de Maslow est responsable de la loyauté inconsciente de l’individu envers son « clan » et il génère la répétition inconsciente de destins similaires dans une même famille. Pour ne donner qu’un exemple, des enfants se priveront d’éducation si leurs parents sont peu éduqués. C’est un acte de loyauté. C’est un acte d’appartenance.

Les histoires cachées mises en actes 
La transmission peut s'opérer négativement à travers les histoires qui sont cachées, et ensuite mises en actes par les faiblesses laissées pour ses ayants droits par les secrets des ancêtres. La transmission peut être traumatique, car il s'agit d'un don mais aussi d'une dette. Le processus de symbolisation-le rôle des transmissions, des communications, des secrets, des répétitions, de la filiation et des liens transgénérationnels est ainsi étroitement mêlé à travers les protagonistes de l’arbre familial.

La situation de transmission doit être acceptée pour fonctionner
Celui qui adopte un comportement différent dans la famille sera perçu comme le « mouton noir ». L'enfant bénéficie de la situation de transmission s’il accepte d’être en situation de recevoir la transmission et est capable d'intégrer ses expériences nouvelles à l'ensemble de sa personnalité. Les noeuds familiaux ont beau jeu lorsque le secret n'est jamais élucidé.

Prisonnier d’un secret, prisonnier d'une vie
Plusieurs personnes utilisent la psycho-généalogie dans leur quête de renseignements quand ils se sentent prisonniers d’un secret. Certains clients en thérapie du tunnel veulent élucider surtout les secrets inavouables, liés au contexte historique socio-culturel. Il n'est pas rare que liens toxiques et leurs effets sur le corps (psychosomatique et les maladies dites génétiques) soient faits. Les dates ne me préoccupent pas beaucoup, mais j’encourage tous ceux qui font cette démarche d’utiliser tout ce qui est disponible.

La conséquence de se relier à ses ascendants
Au début du travail en atelier sur les « secrets de famille », j’avais le goût d’explorer les conséquences de se relier à ses ascendants pour connaître davantage le projet parental, mais je me suis vite rendu compte  que d’être en contact avec ses ressentis affectifs, de mieux définir son identité pour éprouver plus d’équilibre vont au-delà du projet parental d’avoir un enfant.

Un « secret finit par peser sur tout le monde
Nous transportons notre famille, même lointaine, avec nous de par ses croyances et ses conflits élucidés ou non. Les parents ne savent pas toujours comment dire un « secret », mais quand ils n’en parlent pas du tout, il finit par peser sur tout le monde. Les non-dits sont normalisés lorsqu'il y a secret.

Les secrets plus de notre époque
Avec toutes les nouvelles technologies de fécondation de l’embryon, on a davantage tendance à cacher aux enfants le secret de leur conception. Les parents attendent le moment propice pour leur révéler la vérité parce qu'ils ont peur de blesser l'enfant mais surtout parce qu’ils ne savent pas comment s'y prendre. Ceux qui choisissent de garder le secret craignent que l'enfant l'apprenne de façon inattendue, ce qui est certes dommageable. Les situations bien réelles du secret de la conception existent aussi pour des enfants conçus conventionnellement. 

Un contenu caché et un interdit de dire
Un secret non-élucidé n'est pas seulement quelque chose que l'on ne dit pas : il porte à la fois sur un contenu caché et sur un interdit de dire. Il donne parfois à comprendre qu'il n’y a rien qui fasse l'objet d'un secret, comme quand on entretient le mythe qu’on se dit tout. Et rien n’est plus toxique que les secrets de famille. L’enfant imagine le pire, il les reprend donc à son compte sans savoir ce qu'il manifestera. De plus les non-dits provoquent son angoisse. Comme on ne dit rien, il ne peut en parler sous peine de voir la désapprobation des siens. Ce fut le cas de Sébastien, 4 ans. Sa mère partit pour l'hôpital et revint les bras vides et personne n'expliqua ce qui était arrivé. On en reparla plus jamais devant lui. Pendant des années, il fit des cauchemars où il se voyait disparaître dans un trou noir. Un jour, ce fut l'oubli.

Un secret de famille génère une répétition
Selon les croyances des psychanalystes, et psychologues et travailleurs sociaux, à partir du moment où il y a un secret, il y a répétition. Ceci s’expliquerait par le fait que l’enfant acquière une psychologie personnelle vers l'âge de trois ans, évoluant d'abord dans une psyché communautaire, celle de la famille et de ses codes secrets.

Les secrets organisés autour de traumatismes vécus par une génération
Les secrets sont souvent organisés autour de traumatismes vécus par une génération et incomplètement symbolisés par elle. Il peut s'agir de traumatismes privés comme des échecs financiers, comme un deuil, un abus sexuel, une mort par suicide, mais aussi collectifs comme une perte d'argent, la guerre ou une catastrophe naturelle.

Notre façon de saisir le « secret » 
John Bradshaw dit, que même si « elles ne sont pas inhérentes à tout secret, les notions de tromperie, de dissimulation, de mensonge, d’interdiction, de silence influencent directement notre façon de saisir le « secret ». La volonté de dissimulation peut être inconsciente et demeurer inconnu du sujet » ».

Les secrets influencent la vie de l’individu à son insu
Les questions restent sans réponses et influencent la vie de l’individu à son insu. Les secrets ont tendance à être maintenus sous couvercle durant plusieurs générations dans le but de protéger leurs ascendants.

L’enfant se sent obligé de réparer les fautes des autres
Comme l’enfant est également le récipient des projections familiales, il est parfois chargé de restaurer les rêves perdus de chacun. L’enfant qui sent la tristesse de ses parents pense que c’est à cause de lui, qu’ils ont honte de lui, et finalement, il s’invente plein d’histoires faute d’explications. Ces explications jouent un grand rôle dans la vie : il se sent coupable, il se sent obligé de réparer les fautes des autres. Il comprend tout à l’envers et c’est ainsi que les secrets se perpétuent.

Ce que le corps dit à notre insu
« Lié à une souffrance occultée, le secret existe néanmoins dans nos modes de communication tout à la fois verbale (ce que l’on dit pour cacher la vérité) et non-verbale (ce que le corps dit à notre insu). Il est à la fois ce qui est caché et ce qui révèle le mystère, ce qui n’existe pleinement qu’au moment où il disparaît ».

Une fidélité inconsciente aux drames de nos aïeux provoque des maux
L’hérédité, la génétique n’expliqueraient donc pas tout. Une fidélité inconsciente aux drames de nos aïeux provoquerait bien des maux, même des suicides. À travers le suintement des secrets, par des mots, des lapsus, des comportements, l’enfant absorbe la souffrance de son parent et il agit des comportements pour « dire » les drames, même ceux dont il ne sait rien.

Les « bagages transgénérationnels»
Cette fidélité se traduit souvent par des difficultés et des souffrances dont il cerne rarement la cause véritable (Catherine Labbé). Elle expliquerait d’ailleurs pourquoi Freud lui-même souffrait de terribles maux d’estomac avant d’aller manger chez sa mère chaque dimanche alors que son petit frère était mort d’une maladie d’estomac. Elle expliquerait aussi pourquoi Micheline Charest serait décédée lors d’une chirurgie…comme son père avant elle. On appelle ses liens les « bagages transgénérationnels».

Les schémas du passé  abordés permettent de dissoudre la menace
Les non-dits cachent souvent des questions de sexe et de mort. Au lieu de les fuir, le tissu familial abordé permet de dissoudre la menace de l’histoire et les schémas du passé qui causent obstacle. 

La place du transe-générationnel dans le développement de problèmes de santé
L’inconscient familial est un sujet fascinant pour des psychanalystes et des intervenants qui réfléchissent à la place du transgénérationnel dans le développement de la maladie, des échecs et des psychoses.

Après avoir étudié avec Anne Ancelin-Schutzenberger, « Aïe, mes aïeux », mon premier cours de psychogénéalogie d’avril à juin 2002 donne de la matière pour le travail que j'ai effectué en thérapie du tunnel.

Les étapes à prévoir pour dévoiler des secrets sont importantes
C’est d’abord et avant tout pour soi-même que l’on tente de mettre à jour le « secret ». La révélation demande de se préparer pour dire les bonnes choses aux bonnes personnes. Parce que c'est aussi une question de respect, les étapes à franchir sont d’autant plus importantes que le support est souvent inexistant quand on veut faire une telle démarche. Ce n’est pas pour rien que je suggère une démarche accompagnée par un professionnel qui travaille avec le récit de vie ou qui utilise le génosociogramme.

Sortir de sa prison intérieure pour se libérer des secrets
Il y a bien sûr un prix à payer pour garder un secret intact. Le secret toxique constitue les barreaux de la prison intérieure! Il est peut-être temps d’en sortir. La réconciliation avec les événements du passé occasionne un lâcher prise qui permet à l’individu de recommencer à regarder en avant et à agir dans l’Ici et Maintenant pour créer un avenir cohérent et à la mesure de ses rêves. 

Des limites s’enlèvent pour rendre plus disponibles les ressources
Somme toute, la personne qui consulte se guérit elle-même en utilisant dorénavant plus de ses ressources découvertes au moyen de la thérapie du tunnel. Des limites s’enlèvent grâce à l’aide du subconscient et rendent alors plus disponibles les ressources inutilisables auparavant.

BIBLIOGRAPHIE
Schützenberger, Anne Ancelin (1993) Aïe, mes aieux! Desclée de Brouwer, Collection La Méridienne.

Berne, Éric (1977) « Que dites-vous après avoir dit bonjour? » Évreux, Tchou Éditeur.

Bradshaw, John (1997) La famille et ses secrets : Ce que vous ne savez pas peut vous faire du mal Éditions Flammarion.

Langlois, Doris et Lise (2005) La psycho généalogie : Transformer son héritage psychologique, Les Éditions de l’homme.

Tisseron, Serge (1999) Nos secrets de famille, Ramsay.

Message de Lorraine Loranger
Dans une société qui confond vitesse et résultats, ceux qui apprennent à ralentir vivent mieux le présent dans toute sa capacité. Ma pratique propose plusieurs ateliers pour la gestion de stress: apprivoiser le récit de vie, la communication non-verbale et prochainement la relaxation sensorielle avec 16 thèmes différents sont parmi les plus utiles. Des conférences sur la gestion de stress sont disponibles sur demande.

Commencez chaque journée comme étant une nouvelle journée, trouvez votre destinée, croyez en qui vous êtes et en qui vous voulez devenir.

Créez la vie que vous désirez. Commencez votre trajet avec une démarche puissante en possibilités...celle d’une nouvelle vie…la vie que vous voulez…retrouvez votre pouvoir  pour prendre en charge votre destinée. 

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mercredi 4 avril 2012

L'abandon affectif et la solitude

L'histoire de Marie-Annick
L'histoire de Marie-Annick illustre l'horreur qui sévit dans la tête d'une petite qui a vécu la perte de son innocence. Marie-Annick est issue d’une famille bien. Ses parents ont à cœur le bien-être de leurs trois enfants. Des parents avec de belles valeurs qui s’impliquent dans leur communauté et qui sont à l’avant-garde sur le plan des changements écologiques. La famille est source d’entraide et d’encouragements constants même dans la vie de leurs enfants adultes, ce qui est fort louable.

                                     
                                          abandon affectif


Participante aux ateliers de "focusing" et "Le livre de ma vie"
Lorsque je rencontre Marie-Annick dans un groupe de « focusing» et par la suite dans un groupe en atelier autobiographique, je découvre une jeune femme sensible qui s’intègre facilement au sein d'étrangers, également en cheminement. Elle est fonctionnelle dans le domaine du travail. Mais elle se sent déconnectée de son corps, donc, de ses émotions: elle a de la difficulté à les nommer.

Déconnectée de son corps
L’histoire de Marie-Annick inclut des agressions sexuelles fréquentes, avec brutalité, de la part d’un voisin. Au dire de tous, personne n’a rien vu, ni rien su. Marie-Annick est amnésique, elle a occulté ces événements. Elle a refoulé ses souffrances au plus profond d'elle-même. Marie-Annick n'a pas parlé de ces événements. 

Le lien d'attachement est en jeu
La question se pose : qu'est-ce qui a pu empêcher l’enfant d’une telle famille de confier une telle souffrance? L'enfant qu'elle fut ne peut dire ce qu'elle traverse, elle remise tout au fond d'elle. Cela a nécessairement changé le cours de la vie de Marie-Annick.

La souffrance dévoilée
De telles souffrances sont vécues comme des raz-de-marée ou des tremblements de terre pouvant écraser l’individu pendant une longue période. La souffrance, due à une blessure ancienne, est dévoilée, parce que réactivée par les événements du présent qui sont aussi perçus comme douloureux.

Les conséquences de la solitude vécue 
Bien des souffrances, nourries à cause du désordre intérieur, d'une façon d’aimer sans repères, dans des relations mal situées, les blocages sont des conséquences de la solitude vécue et des voies empruntées, par la suite, parfois à tort, pour éviter de déplaire aux autres ou encore, pour acheter leur amour.

Mettre en mots et en pleurs
Mettre en mots et en pleurs ces sentiments permet de comprendre les raisons pour lesquelles l’individu entretient des revendications. En mettant à nu la blessure, en regardant vraiment ce qui s’est passé, il va être possible de laisser aller peu à peu la souffrance et de découvrir le chemin de la libération pour s’affranchir. Redonner à l’autre la blessure pour s’en départir permet de reprendre son pouvoir afin de recommencer à s’affirmer.

Les souffrances entraînent des états dépressifs
Dans bien des cas, des souffrances, jamais mises à jour, entraînent des états dépressifs, une tristesse latente, un sentiment d’accablement, un non-désir de vivre. Pour s'en libérer, il s’avérera nécessaire de vider la plaie. Sans être suicidaire, une personne peut ne pas tenir à la vie. Ces souffrances pèsent lourdement et demeurent profondément destructrices. Mises à jour, en mots et en pleurs, pour les exprimer, la libération est en marche.

La solitude maintient les peurs en place
Joug d’oppression, la solitude crée beaucoup de peurs. Poser l’acte intérieur pour se rassurer que ses forces sont toujours là pour les confronter apparaît risqué. En reprenant contact avec ce qu'elle ressent intérieurement, elle recouvre sa sécurité intérieure. Marie-Annick a pu s’ancrer dans la certitude d’une issue de vie et choisir de continuer à vivre, coûte que coûte. En ouvrant son cœur à une présence thérapeutique soutenante, elle n'est plus seule pour sortir de la confusion.

« Je sens que ce n’est pas juste de la peine. Je n’ai pas de voix. Il n’avait pas le droit de me faire ça. Il n’avait pas le droit. »

« Je sens que je ne suis plus dans mon corps…je sens beaucoup de chaleur, j’ai l’impression d’avoir mon pyjama orange…je n’ai pas de mains, pas de chevilles, pas de pieds. Mais c’est chaud. Plutôt que d’être dans tout mon corps, dans ma cage thoracique…j’ai l’oreille qui cille…dans ma tête…ma voix est celle d’une petite fille :« Admettons que je le dise…si je le dis…un coup que je le dis…Qu’est-ce qui se passe après?

« Tout ce que je vois, c’est l’image d’..... Je le sens dans mon corps, que je peux pas être rebelle! Je me sens sans défense, j’ai pas de langue pour parler : avec tout ça qui bouille en dedans. Comme si on avait coupé ma langue et mes deux bras! Il n’y a aucun moyen de me défendre, de m’expliquer, de me justifier. J’ai l’impression d’être renfoncée dans le matelas. Je sens en dedans…un cri de mort. C’est insupportable. Ça me fait peur…vais-je éclater? Exploser?…M’anéantir? Un cri de mort. En dedans, je suis crispée…ça shake, c’est crispé au maximum. Je crie dans ma tête pendant que la tempête passe. J’ai l’impression que ça n’a pas de fin".

L'abandon affectif des parents n'est pas toujours intentionnel
Que dire...tout est là; dans ce drame...on lit la crainte de "dire", l'extrême solitude derrière les mots. L'abandon affectif des parents n'est pas intentionnel. Cela doit rester secret et c'est la raison pour laquelle l'enfant n'a pas reçu ce dont elle aurait eu besoin de ceux qui auraient pu l'aider à se construire après les événements.

L'isolement rend vulnérable
Elle aurait pu sombrer, les conséquences pouvant être multiples. Comment un enfant peut-il se construire une image intègre de soi quand l'innocence de l'enfance lui a été ravie? Dans l'impossibilité de dévoiler, par peur d'être punie, abandonnée, rejetée, il n'y a que l'oubli total, le refoulement, qui puisse se manifester pour l'épargner du risque de perdre les relations qui lui tiennent à coeur. Dans le silence pernicieux, l'isolement rend vulnérable; l'impuissance rend fragile et la liberté d'être est d'autant plus infranchissable car la honte teinte l'individu. L'angoisse, devant tant de sentiments d'ambivalence, est intolérable.

L'occultation, la dissociation sont salvatrices
L'occultation, la dissociation sont salvatrices, dans un sens, mais, le corps sait. Il n'oublie pas, lui. Lors d'un rapprochement, il y a perte de contrôle ou trop de contrôle. Les dérapages du corps ne permettent aucun relâchement. C'est le prix à payer que ne ne jamais pouvoir s'abandonner au plaisir, à la volupté, à l'intimité.

Marie-Annick a écouté son corps parler de son drame, elle a ensuite pris le temps qu'il lui fallait pour se reconstruire.

La santé émotionnelle s'améliore
En thérapie du tunnel, la prise de conscience a lieu quand un phénomène inconscient, devenu conscient, est « pris en charge », en s’intégrant au MOI pour renforcer l’individu. Quand l’individu met à jour ses conflits intérieurs en thérapie du tunnel au lieu de les nier ou de les refouler…ou de les répéter sans le savoir, d’importants fragments de personnalité sont récupérés et la santé émotionnelle en bénéficie. Évacuer la charge somatique permet à l’état de stress qui était actif dans le système nerveux de se dissoudre. De plus, la prise de conscience réussie conduit l’individu vers de nouvelles actions, vers de nouvelles libertés. 

(1) Le focusing (ou centrage sur soi) est une approche corporelle de psychothérapie créée par l'Américain Eugene Gendlin au début des années 1970. Il se caractérise par une attitude d'attention au « senti », c'est-à-dire à ce qui se passe « en soi » : les émotions, les sensations kinesthésiques ainsi que les perceptions viscérales toutes à la fois. Ce senti dépasse la simple perception physiologique.


Message de Lorraine Loranger
Dans une société qui confond vitesse et résultats, ceux qui apprennent à ralentir vivent mieux le présent dans toute sa capacité. Ma pratique propose plusieurs ateliers pour la gestion de stress: apprivoiser le récit de vie, la communication non-verbale et prochainement la relaxation sensorielle avec 16 thèmes différents sont parmi les plus utiles. Des conférences sur la gestion de stress sont disponibles sur demande.

Commencez chaque journée comme étant une nouvelle journée, trouvez votre destinée, croyez en qui vous êtes et en qui vous voulez devenir.

Créez la vie que vous désirez. Commencez votre trajet avec une démarche puissante en possibilités...celle d’une nouvelle vie…la vie que vous voulez…retrouvez votre pouvoir  pour prendre en charge votre destinée.

Merci de soutenir la mission éducative de Lorraine Loranger en transférant ce communiqué à vos contacts.








vendredi 17 février 2012

L'anorexie est à notre époque un grave dysfonctionnement

L'anorexie est à notre époque ce que l'hystérie était au temps de Freud. Dans les années 60, ce sont les thérapies familiales qui ont d'abord émis l'hypothèse que, là où il y a un enfant dysfonctionnel, il y a un couple parental dysfonctionnel. Le contraire n'est pas vrai: tous les couples dysfonctionnels ne produisent pas un enfant à difficulté. Il ne s'agit que d'un risque plus grand. 

Des enjeux relationnels du couple parental sont responsables

Des enjeux relationnels du couple parental font apparaître un trouble profond de l'organisation psychique et physique, le plus souvent à l'adolescence, quand la jeune fille est en décalage avec son statut d'adolescence. Une jeune femme me disait que plusieurs des discussions entre ses parents quand elle était enfant avait pour sujet le poids de la mère. Elle en fut grandement affectée quand elle fut adolescente concevant qu'aucun garçon ne voudrait d'elle telle qu'elle était.


Remises en questions des relations familiales
Même si les changements hormonaux sont souhaités  par tous, cela crée des bouleversements dans l'équilibre familial construit dans le temps. Il remet en question des acquis, des habitudes relationnelles, émotionnelles et psychologique de tous les participants du système relationnel de la jeune fille en voie de devenir femme.

En observant le système relationnel, on peut évaluer que chacun des malaises physiques devient un moyen de révéler des conflits émotionnels. Les symptômes sont l'intelligence du corps. La personne souffrant d'anorexie et/ou de boulimie tente de se dire ainsi.  


Thème: sortir de l'enfer de l'anorexie et de la boulimie
À chaque année, je reçois de nombreux appels de membres familiaux dont l'un des leurs est boulimique et/ou anorexique. Comme il s'agit de très jeunes femmes, quand mon horaire me le permet, je me déplace vers elles plutôt que le contraire. On m'a déjà appelé d'un hôpital.

J'ai rencontré Julia-Marie lors d'une rencontre dans un organisme. J'étais une des personnes-ressource dans un atelier de développement personnel. Elle voulait sortir de l'enfer de la boulimie et de la solitude qui vient avec. Le stress auquel les personnes souffrant d'anorexie et/ou boulimie font face est un véritable enfer pour elles, mais comme personne n'est en vase clos, plusieurs autres sont aussi touchées.

TÉMOIGNAGE DE JULIA-MARIE
29-01-2000
Julia-Marie écrit:

Ma chère Lorraine,
Nous sommes le 29 janvier et je me décide enfin à laisser ma vie tourner en mots sur ce papier. J'ai tendance à mettre les charrues devant les boeufs, mais cette fois, j'ai pris une pause pour que la vérité VRAIE soit dite. Je ne veux pas te faire plaisir ou me cacher derrière des tournures de phrases.

Je souhaite que ce document porte fruit dans tout ce que tu entreprendras dans le domaine de la boulimie. Bonne chance et j'admire le courage dont tu devras faire preuve, déjà! 

Je m'identifie comme une personne boulimique. La dépression que je vis de façon cyclothymique est un des nombreux symptômes de la boulimie.

Je me bats contre cette maladie depuis l'âge de 15 ans. Si tu te rappelles bien, lorsque mes parents se chicanaient très fort, je me préparais des bouffes et je m'enfermais dans ma chambre pour les dévorer. Aujourd'hui, suite à ma thérapie, si j'ai le moindre tracas, je combats très fort. Mais si je me sens aimée et que ça va bien au travail, je peux vivre normalement.

Mais la vie est une mer et une mer, ça bouge. Alors...je me trouve à faire ce combats beaucoup plus qu'à m'amuser. Je déprime très facilement. Le sentiment que je porte en moi est la culpabilité. Je me sens coupable de m'asseoir après un repas pour lire: je prends une marche, mais je me dis que le pas devrait être accéléré et je me retrouve en train de me concentrer sur mon rythme plutôt que sur ce qui m'entoure. Enfin!

La peur, la culpabilité, l'obsession, la démesure (sexe à outrance avec mon ami), la solitude, la peine, tout ça fait parti intégrante de ma vie.

J'ai cherché chez les psychiatres, psychologues, séminaires de développement personnel, conférences au Centre St.Pierre, ANOSEP, EADA. Et oui, j'ai été pansé de ma blessures à plusieurs occasions, mais je crois sincèrement que c'est en regardant à l'intérieur de nous que se trouve la clé. C'est pourquoi je croyais déjà en la méditation et en la thérapie du tunnel quand je t'ai rencontré.

Ces techniques d'introspection sont des outils dont je me sers depuis. Les peurs panique que je vivais autrefois sont complètement annihilées par le triangle que j'arrive à visualiser, les yeux ouverts. Je pense à "tout vient, tout passe" pour dédramatiser. Et je fais de grands pas dans l'acceptation de la maladie.

Je vois des breakthroughs sur le plan alimentaire en ayant passé de 3-5 sessions de vomissement par week-end à une seule fois par mois. Maintenant, je garde mes aliments.

Ayant décidé de me soigner, je veux stopper les trous de mémoire et les palpitations cardiaques, les états paranoïdes et les serrements au niveau des tempes.
OUI, c'est un breakthrough. Je dois m'apprivoiser à avoir une vie "normale", soit garder mes aliments et surtout: AIMER ce que je fais et QUI JE SUIS.

Ma chère Lorraine, les autres breakthroughs sont sur le plan social. Je lâche enfin prise sur les gens qui ne me conviennent pas. J'ai une meilleure estime. Je prends le contrôle sur le retrait social que j'ai toujours fait: je nage, je skie. Oui, j'aime les gens, mais aujourd'hui, je réalise que, dans notre société, les gens ne vont pas vers les autres. C'est un trait de société et non ma faute! Auparavant, j'avais de grandes attentes et j'étais souvent désappointée. Aujourd'hui, je sais que je suis différente, je suis chaleureuse. Heureusement, mon amie .... le réalise et l'apprécie. Je ne nage plus dans un océan de solitude.

Physiquement, l'insomnie n'est plus insurmontable (un des symptômes de la maladie) comme auparavant. Souvent, je dors des nuits complètes et me sens reposée pour le travail du lendemain.
Tous les jours, je demande à Dieu de t'accorder une bonne vie. Merci!

Quelques années ont passé sans que je ne revois Julia-Marie. Un jour, je reçois un courriel. Ses nouvelles me ravissent.

12-05-06

Chère Lorraine,
"La plus grande réalisation de tout ce parcours avec toi, c'est que je suis maintenant en pré-ménopause...mes hanches se sont élargies et...je m'en balance... Et je me suis faite une vie en dehors de mon corps, il n'est plus le MAÎTRE.

N'est-ce pas là une belle réussite?" MERCI!

Thème: anorexie

TÉMOIGNAGE DE SACHA
10-11-2010
Sacha écrit:

J'avais huit ans la première fois que je suis allée dans un camp de vacances. Je me suis tellement ennuyée de ma maison qu'un jour j'ai arrêté de manger. On a voulu me forcer mais on a dû se résoudre à faire venir les parents et c'est aller de pis en pis. Le pédiatre m'a prescrit une série de traitements vitaminiques et ce fut la fin de ma première crise alimentaire.

Quand j'ai eu dix ans, ma mère a accouché de ma petite soeur et elle a même engagé une nounou pour en prendre soin alors qu'elle retournait au travail. Ni ma soeur, ni moi ne la voyions jusqu'au repas du soir. Ma mère se chargeait alors de nourrir et de prendre soin de ma soeur. Mon père arrivait souvent à la maison au moment où j'allais me coucher. Il était un peu comme un visiteur. 

Dans cette maison de mon enfance, j'avais l'impression de ne pas exister et que seuls les besoins de ma soeur étaient importants. Alors, j'ai, là aussi, cessé de manger. Mais personne n'a même remarqué surtout parce que je mangeais seule de toute façon.

J'aurais tellement voulu être petite à nouveau, moi aussi, pour avoir l'attention de ma mère, ne serait-ce que quelques minutes. "J'aurais voulu" ....des mots que je me suis dite souvent durant mon cheminement. Mais dans la même seconde, je me sentais tellement coupable, face à ma soeur et à ma mère d'être aussi exigeante et pas normale, pas raisonnable. Je comprenais, mais en même temps je me sermonnais durement chaque fois que je voulais de l'attention. Ça s'est fait tout seul. À dix ans, je me sentais tellement coupable de ne pas avoir la bonne attitude que, pour me punir, j'ai cessé de m'alimenter.

Pendant des années, je ne mangeais qu'un repas par jour et parfois, souvent, j'allais le vomir par la suite. Je ne pourrai jamais chanté parce que je me suis abîmée le fond de la gorge et quelques cordes vocales. Mon processus de guérison a commencé quelques années après la fin du Collège. 


J'ai consulté et rencontré des experts en troubles d'alimentation à l'Institut Douglas, j'ai participé à des séminaires de développement personnel, j'ai entendu et adopté bien des recettes pour me guérir. 


J'ai rencontré Madame Loranger dans une conférence sur "la colère". Je reconnais "ma colère". Après avoir pris des informations sur son travail, j'ai pris rendez-vous.

Je me suis débattue avec mes démons, mais surtout, j'ai remis en question ma culpabilité, ma jalousie profonde à l'endroit de ma cadette...je me suis frottée le visage dans ce que je considérais le plus abjecte de ma personne. Finalement, je crois que je me sentais tellement coupable que je croyais que je ne méritais pas de guérir.

Un jour, durant les sessions, une crise d'angoisse m'a fait réalisé à quel point je voulais guérir. Aujourd'hui, trois ans après ma thérapie, je dirais que, quand j'ai des émotions tordues, je continue de bien manger. Je dors bien maintenant et quand je me sens coupable, je me pose les bonnes questions. J'ai souvent pensé à la mort durant le pire de ma maladie, mais c'est terminé. Je veux vivre et continuer de développer ma nouvelle relation à ma soeur cadette qui n'a jamais été responsable de mes problèmes. Nous partageons souvent nos sentiments et cela m'apporte réconfort et validation, ce qui me fait du bien.

Merci à moi de m'être laisser guider.


TESTIMONY OF TERESA
28 janvier 2009
Teresa writes:

I didn't have menstruations for 12 years. At 16, I weighed 82 pounds. I was hooked on a respirator and spoon fed baby food for a whole year. I was hospitalized and given last rites. I lost many fine years in my life. But an angel watched over me in the person of my aunt....she insisted that I move away from my parents' home where I was an only child.


My mother is the best at everything and I shall never be able to measure up. I have stopped trying, but for many years, I was in a competition with her. My therapy is over, but I'm still trying to rebuild myself and get to know and love who I am.

I started vomiting when I was 11 years old. My mom and dad would get into solid arguments about my weight; dad calling it my baby fat and saying the appeal of boys would soon turn me into a beautiful swan, my mother insisting on measuring the food on my plate, even when we had company. What humiliation! She also forced me to swallow laxatives.

I felt like I was such a failure and a deception. I swore to myself that I would get to master my weight. A girlfriend on my soccer team said she made herself vomit when she ate too much. I learn fast, I was soon an adept, as well as becoming a really good liar about all the time I either spent in the washroom or why I was only picking at my food in my plate. It felt like a game sometimes and I became quite good at managing myself in other ways as well.

No one suspected until June 2007. It was at an anniversary dinner. I ate and shortly after, I headed for the W.C., my little cousin entered, heard me and told my angel aunt who confronted me. I was soon telling her in bits and pieces about my personal hell. My aunt works at the ....public health, so she got on the phone and called her friends who refered her to ............ I wasn't yet ready to give it up so I started going down fast. When I reached 82 pounds, my doctor recommended hospitalization. 


It was worse than anything else. I had no power on what happened to me and I was ready to die, or so I thought. It felt like I was dying anyway.

My aunt continued to look for a miracle. One day, she met Lorraine at a cultural function and after talking about me, invited her to visit me in the hospital.

I didn't meet with her until eight months later (To be released from the hospital, I had to gain weight), but the therapy was what I needed. Today, I am learning to respect myself and to say no. 


When I was residing in a group home, a lot of the work involved getting to know the needs of my body. It was very useful, but when I started the inner work, I started to understand what got me where I was. I was reliving the whole scene and I saw how I preened for my mother as if I was a talented little monkey. I wanted to please so much that I wanted to die if she had asked me: that is how it felt for me.

I haven't made my peace with my mother and I don't even want to at this time. But I am living very well with my decision. I have work that I like and I have started to see a man who really cares for me. Everyday is a challenge, but I am now better equipped to face up. If needed, I know I would go back into therapy and that it is not a sign of failure, but one which shows how I want to live strong and healthy, both physically and mentally.

TÉMOIGNAGE DE CÉLINE
15-06-11
Céline écrit:

Depuis très longtemps, je ne mangeais que de petites portions. J'avais trouvé exactement ce qui m'aidait à maintenir mon poids. Je mangeais ce que je mettais dans une couvercle de pot de mayonnaise moyen. Si je dépassais cette portion, j'allais courir pendant des heures pour ne pas grossir. À chaque fois que je voyais mon médecin, il me faisait un commentaire sur le fait qu'il voyait mes côtes, mais jamais, il ne m'a posé une question directement. Je ne m'identifiais pas comme anorexique parce que je mangeais et je ne me faisais pas vomir.

Lorsque j'ai eu 50 ans, mon système hormonal a flanché. Des règles douloureuses et abondantes m'ont ramené à mon passage dans l'enfance et dans l'adolescence; je pensais avoir mis tout ça derrière moi. J'ai crû que j'allais mourir et j'ai voulu faire la paix avec ces événements.

Après mon départ de la maison, à l'âge de 15 ans, je ne suis jamais retournée dans ma famille, pas même lors du décès de ma mère. J'allais regarder droit devant. Mes frères et ma soeur ont compris le message et ne m'ont jamais relancé dans ma vie d'adulte.

Éventuellement, je me suis mariée, mais je n'ai pas eu d'enfant. Mon corps en a rejeté trois dans l'espace de huit ans. À peine enceinte, je faisais une fausse-couche. Un jour mon mari m'a quitté pour une femme plus jeune. Ce fut une épreuve de trop et je me suis repliée sur moi-même pour vivre une vie de recluse. Je continuais toutefois de fréquenter un centre de femmes.

Lors d'une présentation par Lorraine Loranger sur "l'enfant intérieur" quelque chose m'a interpellé et je l'ai appelé pour avoir de l'information sur la thérapie du tunnel.

Ma thérapie est terminée, mais je suis encore en rétablissement. Régulièrement, je pense que je vais retomber, mais à date, j'ai la force de me reprendre pour maintenir une vie plus saine. Mon corps n'est plus mon ennemi, il est même en voie de devenir un bon ami. Je me sens mieux: mes fréquentations sociales ont augmenté, je fais des activités intéressantes pour moi avec trois groupes de ma communauté. Les relations que j'ai commencé à développer me plaisent et j'ai l'impression de développer mon intelligence aussi.

J'ai finalement pardonné aux hommes de ma vie, je me sens plus libre et je suis mieux dans ma peau. Que demandez de mieux!

Message de Lorraine Loranger
Dans une société qui confond vitesse et résultats, ceux qui apprennent à ralentir vivent mieux le présent dans toute sa capacité. Ma pratique propose plusieurs ateliers pour la gestion de stress: apprivoiser le récit de vie, la communication non-verbale et prochainement la relaxation sensorielle avec 16 thèmes différents sont parmi les plus utiles. Des conférences sur la gestion de stress sont disponibles sur demande.

Commencez chaque journée comme étant une nouvelle journée, trouvez votre destinée, croyez en qui vous êtes et en qui vous voulez devenir.

Créez la vie que vous désirez. Commencez votre trajet avec une démarche puissante en possibilités...celle d’une nouvelle vie…la vie que vous voulez…retrouvez votre pouvoir  pour prendre en charge votre destinée. 

Merci de soutenir la mission éducative de Lorraine Loranger en transférant ce communiqué à vos contacts intéressés.