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vendredi 11 avril 2014

Être son propre geôlier rétrécit le sens de la vie

Être son propre geôlier
On est parfois son propre geôlier. Pour survivre, pour se sentir moins contraint, l’individu de tout âge prend des décisions qu’il met à exécution et qui lui enlève la possibilité de se développer et de s’émanciper. L’univers se rétrécit, l’imaginaire se tait, l’émotion ne guide plus. C’est une fausse protection qui peut fonctionner pendant des années.

Se reconnecter à la vraie vie
Une étape de vie différente, de nouveaux besoins peuvent produire une insatisfaction grandissante mais ne pas générer de nouveaux comportements faute de savoir comment s’y prendre pour se reconnecter à la vraie vie, celle remplie de défis avec des réponses expérimentés au fur et à mesure des événements.

Se souvenir pour retrouver l'espoir
Dans le monde de la causalité, une action donnée donnera le plus souvent la même réaction. Pour se refaire, il est parfois nécessaire de retrouver ses propres liens entre son corps et son esprit. Se voir en images, se rappeler les sentis de son corps, c’est se souvenir de son unité et retrouver l’espoir.

 La personne participe à son rétablissement. C’est elle qui devra trouver les moyens de se garder dans son nouvel équilibre.

Le témoignage de Gisèle :
Plusieurs événements se sont bousculés à ma porte pour me faire saisir mes nouveaux besoins.
Mon corps physique a toujours somatisé : je me sentais brisée. Même si je donnais de moi une image de femme forte, j’étais incapable de confronter la partie de moi qui s’est sentie réduite à se cacher pour se protéger.  Je me fuyais moi-même autant que je pouvais fuir les autres. Lorraine faisait souvent valoir que se protéger a du bon si ce n’est que je n’avais pas besoin de confronter mes blessures d’estime durant cette longue période de noirceur. Par contre, j’avais désappris à faire face à la vie telle qu'elle se présente au quotidien avec des situations difficiles, des personnes avec qui il faut échanger, la vie, quoi!
Très influençable, j’avais suivi les désirs de mes proches m’enjoignant de me faire traiter avec les nouvelles méthodes. J’avais déjà essayé sur leur avis et j’avais eu des résultats que je percevais comme tiède. J’avais un profond désir que ça fonctionne et je me ralliais à une autre forme de traitement.
Pendant longtemps, mon désir de vivre était tellement mince que je ne voyais aucun plaisir à passer du temps avec des amis. Ma vie se résumait à travailler et à me prémunir contre les insultes, en fait, contre ma très grande sensibilité. Je me suis figurativement enterrée. Le neutre m’évitait toute souffrance mais toute joie également. Quand il m’arrivait de m’ennuyer, j’écoutais des films sur la spiritualité ou je me trouvais des distractions pour passer le temps. Éventuellement, ça passait!

Se reconnecter à des moments d'exceptions
La reprise de pouvoir avec un plan d’action peut-être suffisant, mais parfois il est important de défaire des nœuds en reconnectant à des moments d’exception à ses propres retranchements.

Cité de "Coupé de soi, coupé des autres: comprendre autrement", Lorraine Loranger, 2008

Une étincelle de créativité
L’étincelle de créativité nécessaire pour donner des outils représente le plus souvent la différence entre l’espoir réaliste et le rêve. La personne devra prendre soin d’elle et soigner son corps et son esprit. Dans le fait de comprendre que tous ses systèmes fonctionnent ensemble, on comprend également que chaque symptôme exprime une composante émotionnelle nous offrant une occasion de décoder les facteurs importants de nos vies, en particulier les relations importantes et le lien à soi.

Cité de "Coupé de soi, coupé des autres: comprendre autrement", Lorraine Loranger, 2008)   

Le témoignage de Lorette (cité de "De l’ombre à la lumière : la guérison par le récit de vie émotionnel", Lorraine Loranger, 2008).
« Je suis une femme d’une cinquantaine d’années. Durant ma vie de travail, j'ai oeuvré auprès des petits, peut-être dans une tentative de leur donner ce qui m’a si cruellement manqué ou pour me protéger des blessures liées à la communication. J’interprétais trop au pied de la lettre toute communication me concernant. Je ne me donnais pas le droit de m’exprimer, ayant toujours peur d’être prise en défaut.
Ma communication à l’adulte en a été considérablement réduite. Depuis ma tendre enfance, l’absence de mots dans ma famille m’indiquait que s’exprimer était rarement approprié. Je n’ai donc pu apprendre à mettre en mots ce que je ressentais. Habituée toute jeune à vivre dans mon monde, je me suis construite une image quasiment agréable de ce que j’ai vécu.
Une fois, j’ai tenté de me dire. Je me suis laissée porter par ma colère à l’endroit de ma famille et je me suis éloignée, sans en parler. Depuis ma sœur et moi n’échangeons presque plus. J’ai l’impression de payer très cher le geste d’abandon posé pour me dire. Ce geste posé dans le silence a été totalement inefficace parce qu’il n’a pas été compris dans son bon registre. Lorsque j’ai tenté de choisir les bons mots pour exprimer ce que je ressentais, ma soeur s’est rebiffée et la discussion a pris court. Je me suis laissé intimider ».

Les rapports avec les autres
L’attention sélective dont Lorette fait preuve est sans aucun doute une ressource positive dans ses rapports interpersonnels avec les enfants exprimant avec eux sa belle sensibilité à autrui. Dans son travail avec les tout-petits, cette ressource amène un climat de sécurité pour l’expression émotive des enfants. Mais cette même attention devient une épine quand elle est perméable à tout ce qui lui est dit.  Ses rapports avec des adultes la blessent facilement. Faire ainsi provoque chez elle un comportement de retrait non fonctionnel parce qu’elle est trop facilement blessée.  

Parler, communiquer pour Lorette est dangereux. Elle a donc tout fermé à clé : colère, tendresse, joie, de façon à protéger une possible explosion. Depuis l’enfance, elle couve une dépression qui n’est manifeste que lorsqu’elle prend sa retraite.

« Je suis une toute petite fille, des bouffants aux épaules, des souliers, avec des bas courts…je ne vois personne. Il n’y a personne à côté de moi. J’ai l’impression d’être toute seule à construire ma vie, j’ai l’impression d’avoir traversé toute seule l’enfance en solitaire…comme on traverse un désert. Je m’oblige à trouver mes solutions, mes points de repères, toute seule. J’ai été entourée de gens, mais finalement, j’ai été toute seule pour l’essentiel ». 
« Je vois beaucoup de gens autour de moi…la famille de mon grand-père en visite…mais même avec tous ces gens…j’ai un sentiment de solitude…J’ai l’impression de porter quelque chose de beaucoup trop lourd…que mes épaules d’enfant ne sont pas capables de porter. Ça fait longtemps que je porte des choses sur mes épaules ».
« Quand j’ai des mouvements d’absence, de pardon ou de douceur envers moi-même, ça vient allumer la « switch » des parents. Ça va chercher le manque…Quand j’ai une souffrance, ça me branche sur l’absence de compassion de mes parents naturels.  À chaque fois, c’est douloureux, c’est souffrant.

Le corps ressent tel une plante assoiffée ses manques
Le corps de Lorette a cumulé des marques de manque d’attention et d’affection, comme une plante qui n’a pas été arrosée depuis longtemps. Kinesthésique, son corps ressent le vide avec plus d’acuité que d’autres. Sa grande nervosité et des douleurs fréquentes dans les jambes lui rappellent constamment ses manques. Certains enfants anticipent le monde à travers leurs corps alors que bien des enfants ont besoin de le voir ou de l’entendre pour le sentir. Quand le parent est dénué de cette écoute, les petits corps le réclament maladroitement, soit en étant malades à répétition ou en se collant sur tous pour répondre à ce besoin.

L’incompréhension est une épreuve
L’incompréhension est une épreuve. Faute de mots, cela embrouille quand personne ne fournit d’explication pour calmer l’angoisse. Quand un enfant n’a pas d’explications vraies, il souffre ou à tout le moins s’interroge. Ce « sans signification » fermente et suscite beaucoup de questionnements qui perturbent sa sérénité. Il ne peut donc vivre l’insouciance de l’enfant dégagé et confiant en la vie.

La maladie, indice d'une remise en question
La réalité émotionnelle de son enfance s’ouvre à Lorette au moment où son corps est astreint à une inaction qu’elle ne s’est jamais donné le droit de vivre auparavant. La maladie lui signale qu’elle ne peut passer à côté d’elle-même une fois de plus.

« Maintenant, la vérité est plus acceptable, plus envisageable. Le fait de savoir, ça me rend plus calme et sereine »
« J’ai manqué d’une mère qui aime le plaisir. Je dois faire le deuil de cette mère-là que j’aurais voulue ouverte sur le monde de la gaieté et du bien-être. J’ai un souvenir de mon corps en détente quand je suis avec des petits, c’est cette partie-là de moi que je dois retrouver ». Cette partie sait rire, elle sait aussi dire les choses sans la peur de faire de la peine, sans la hantise de se faire blesser ». 

L'interaction entre le passé et le présent 
Une action normale exige un équilibre entre l'impulsion et l'inhibition. Une plus grande lucidité sur l'interaction entre le passé et le vécu d'aujourd'hui donne du sens aux actions et aux ressentis.  Les croyances commandent les actions de chacun. Les gestes posés engendrent les résultats et les circonstances dans lesquelles la vie se déroule. Lever l’inhibition qui rend prisonnier et freine l’action doit se faire un pas à la fois.

Le témoignage de Lola
Quand j'étais petite, je n'avais aucun contrôle sur les événements qui survenaient dans ma famille, peu importe que ce soit positif ou négatif. Même ma curiosité m'a quitté à l'adolescence. Je me suis résignée à attendre que les situations se corrigent d'elles-mêmes ou si je me voyais impuissante, je fuyais littéralement. La plupart du temps, je déménageais. Jamais je ne faisais face ayant trop peur de perdre mon nom, ma réputation, ayant la perception que je protégeais mes arrières.
Quand j'ai eu des enfants, j'ai été négligente de ce côté-là. Mes enfants, je l'ai réalisé beaucoup plus tard, étaient eux aussi timides et anxieux face à leurs difficultés. Je reconnais aujourd'hui qu'ils ont aussi souffert d'impuissance.
Je ne voulais pas vieillir avec ce peu de pouvoir sur ma vie. Les difficultés sociales auxquelles j'ai été confronté me semblaient inévitables. Durant et après l'écriture de mon autobiographie, je me suis retrouvée à faire l'expérience positive de  rechercher des outils de communication pour apprendre de nouvelles façons de confronter des situations qui m'avaient auparavant laissé impuissante et sans voix. Je me suis reconnue une force inconnue jusqu’alors. Malgré les difficultés à me prendre en charge dans mes communications, je suis maintenant en possession de plusieurs outils qui m’ont redonné confiance. 

L'humeur dépressive est accompagnée d’un manque d’énergie
Stress, absence de liens pour recevoir du réconfort, l'humeur dépressive et/ou une perte d’intérêt sont souvent accompagnées d’un manque d’énergie, de fatigue, d’indignité ou de culpabilité, de difficulté de concentration ou d'indécision, de changements dans le poids ou l’appétit, de difficultés de sommeil, d’agitation ou ralentissement psychomoteur et même parfois de pensées de mort et/ou d’idées suicidaires.

S’il est vrai que les personnes isolées sont plus exposées à vivre de la détresse qui s’exprime en outre par de l’anxiété et des sentiments dépressifs, la difficulté à nouer et/ou à maintenir des relations satisfaisantes conduit la personne à s’isoler et avoir la tendance à diminuer ses activités.

Favoriser une étincelle de vie 
Trouver ce qui va favoriser une étincelle de vie pour une personne avec des idées malveillantes envers elle-même demande de susciter l’espoir.  La motivation pour continuer à se reprendre en main malgré les difficultés est une démarche qui peut prendre du temps à mettre en marche. Accompagner une personne pour qu'elle se remette sur les rails en l’aidant à formulant un plan d’action réaliste est une occasion unique de faire valoir différents outils de travail. 

Témoignage de Céline
Je m'appelle Céline,
Je suis née dans une famille avec plusieurs peurs. Ma mère, dans sa fonction de mère protectrice, ne voulait pas qu'on sorte de la cour. Elle avait surtout peur de ce que diraient les voisins qui penseraient que nous n'étions que des petits voyous. Elle craignait le regard des autres plus que tout. J'ai appris à me taire, être fine et à dire ce qu'on attendait de moi. Les sœurs de ma mère ont aussi beaucoup contribué à mon éducation et ensuite les bonnes sœurs se sont assurées que je  respecte tous les dogmes de la religion catholique. J’ai été dressée à avoir peur.
Mon père, quant à lui, faisait tout ce qu'il faut comme pourvoyeur mais il était désinvesti de ses émotions, à tel point que je n'ai jamais éprouvé d'attachement pour lui. Je ne le connaissais que parce qu'il aimait tel loisir ou qu'il était un employé de telle compagnie et s'y rendait tous les jours. Autrement dit, je peux dire toute sorte de choses, comme...en apparence, il était calme, en apparence, il était patient, en apparence, il ne couraillait pas...mais il ne parlait pas de lui, il ne s'extériorisait pas...et il laissait notre éducation à ma mère.
Je fus très en colère contre toutes ces personnes, mais surtout contre moi, quand j'ai réalisé à quel point je m'étais laissée imprégnée et conditionnée par les peurs et les sacro-saints principes de toutes ces personnes. Je me suis sentie trahie par l'abandon affectif de ces personnes pour avoir négligé de me laisser me développer. Ultimement, je me suis sentie comme un petit chien de compagnie à qui on enseigne des trucs pour épater la galerie.
Évidemment, mon image publique est conforme: je suis douée pour fondre dans toute organisation humaine. Le problème, c'est que je ne me révélais à personne. Je ne savais même pas qui j'étais. Je gobais tous des autres mais je ne m'exprimais pas.
Une année, je suis allée en Italie avec une belle-sœur. J'ai passé mon temps à négocier avec elle si je pouvais faire telle chose ou telle autre tellement j'étais craintive de tout. C'est ce qui m'a décidé à faire ma démarche auprès de Lorraine.
Je manquais de confiance en moi mais aussi de confiance envers les autres. Tout ou presque tout présentait une insécurité. C'était difficile de penser que je pourrais vouloir me confier à quelqu'un que je ne connaissais pas, plus difficile encore de penser que je pourrais un jour choisir des actions qui me ressemblent plus.
Le premier plan d'intervention de Lorraine me fait encore frémir. Je devais nommer mes peurs. Certaines peurs étaient tellement bien cachées que c'est seulement quand j'ai commencé à lui en parler que j'ai pu les identifier.
J'ai vite compris qu'il me fallait comprendre mon cheminement d'enfant si je voulais passer à autre chose. Je l'ai travaillé en long et en large et j'ai compris que je m'en étais sortie grâce à mon imaginaire. Je fabulais beaucoup comme enfant, pour sortir de la cour, sans aucun doute.
Mon premier pas suite à mon récit de vie émotionnel fut de commencer à dire ce que je pensais réellement de tel ou tel événement. J'ai écrit plusieurs commentaires dans un cahier, certains sur des blogues et sur des forums de partage de journaux quotidiens. Au fur et à mesure que je prenais de l'assurance, je l'ai fait lors d'occasions avec des personnes que je fréquente. Ce fut un deuxième pas importants car là, j'avais une rétroaction et je devais continuer à débattre. Aujourd'hui, c'est gagné et j'y trouve plaisir. Et quand je n’ai rien à dire, je sais me taire aussi.
Ma participation à des ateliers de méditation a ouvert une porte vers le calme intérieur. Apprendre à respirer est devenu un leitmotiv car dès que je me sentais apeurée, je cessais de respirer. La peur m’avait persuadé que je ne pourrais jamais réaliser mes rêves. Je me tenais tranquille, et j’étais gelé dans mes habitudes et j’essayais peu de choses me limitant à ce qui m’était connu. Non pour moi, LA VIE GRANDEUR NATURE.
Mon rêve de voyager a resurgi et je me suis jointe à une organisation pour un échange de logis. Ce qui m'a surpris, c'est que je n'y ai pas résisté alors qu'avant, mes peurs me devançaient.
Je m'étais munie d'un cahier dans lequel j'étalais mes états d'âme. Ma façon de faire était de déposer mon projet dans une colonne et de voir ce qui me retenait dans une autre colonne. Dès lors, dans une troisième colonne, je me décrivais à moi-même les conséquences de me laisser arrêter par mes peurs. Or, je n'ai pas eu à me servir de mon cahier. Cela m'a surpris au plus haut point.
Je me suis dit maintes fois que j'aurais dû commencer bien avant et faire un travail en profondeur sur ce que j'avais vécu. Je me suis faite une image pour l'expliquer à une amie: c'est comme si j'avais labouré mon jardin et que les racines étaient maintenant toutes à la surface pour les jeter dans le compost. Je continue d’apprendre sur moi, mais je suis rassurée sur qui je suis et comment je me développe à mon propre rythme.  


Message de Lorraine Loranger
Dans une société qui confond vitesse et résultats, ceux qui apprennent à ralentir vivent mieux le présent dans toute sa capacité. Ma pratique propose plusieurs ateliers pour la gestion de stress: apprivoiser le récit de vie, la communication non-verbale et prochainement la relaxation sensorielle avec 16 thèmes différents sont parmi les plus utiles. Des conférences sur la gestion de stress sont disponibles sur demande.

Commencez chaque journée comme étant une nouvelle journée, trouvez votre destinée, croyez en qui vous êtes et en qui vous voulez devenir.

Créez la vie que vous désirez. Commencez votre trajet avec une démarche puissante en possibilités...celle d’une nouvelle vie…la vie que vous voulez…retrouvez votre pouvoir  pour prendre en charge votre destinée. 

Merci de soutenir la mission éducative de Lorraine Loranger en transférant ce communiqué à vos contacts intéressés.








  


samedi 18 janvier 2014

Revenir sur soi pour éviter de faire du surplace

Reconnaître ses habiletés et ses possibilités
Dans un trajet comme celui du récit de vie émotionnel, il est important de favoriser tout ce qui permet à la personne de reconnaître ses habiletés, ses possibilités. Pour cela, accorder de l’importance à ce qui fonctionne déjà est un précepte qui me sert tout au long de ma relation professionnelle avec un client. Pour coopérer avec la personne, il s’agit de faire de l’accompagnement, de permettre à chacun de créer « ses mouvements », « ses occasions ». L'approche narrative doit répondre aux besoins du participant.

La « carte du monde » a ses clés de compréhension
Comme une personne est beaucoup plus complexe qu’une simple « carte du monde », le langage est la clé, autant dans la compréhension du fonctionnement de l’autre que dans la création d’une intervention créative qui peut devenir un outil qui l'invite au changement.

Le concept de soi ou l’image de soi
David, 46 ans, le cinquième d'une famille de six enfants, emporte avec lui la façon dont il se perçoit. Ce sentiment émane de l’affectif lié aux premières années de son enfance. On nomme ceci le concept de soi ou limage de soi. La sensibilité liée aux caractéristiques de l’environnement de l’enfance constitue le trajet du processus identitaire.   

Témoignage de David

« Puis, à un moment donné, une de mes sœurs…je lui avais donné un coup de pied…je me souviens plus pantoute…elle m’a pas parlé pendant trois ans. Ça ne me dérangeait pas…puis une fois…y avait un devoir que je ne savais pas faire. « Marie, peux-tu m’aider? « Débrouille-toi ». Elle m’a envoyé paître…longtemps… Plus tard…elle avait recommencé à me parler…on était quasiment devenus des adultes…elle était une jeune femme…elle raconte ça…« Une fois, tu m’as donné un coup de pied…je t’ai pas parlé pendant trois ans…c’était ma façon de te punir…Tu te souviens-tu de ça, David? »

La famille comme un refuge
Si la famille reste une préoccupation dominante en même temps qu’une sorte de refuge quand on en a besoin, celle de David se transforme sous ses yeux en endroit où il disparaît.  Selon ce que je comprends, la famille de David ne lui procure pas de repères identitaires bien structurants.

Un projet de naissance
Un jour, David me fait part du « projet de naissance » qu’il a été. Selon sa sœur Ghislaine, il fut reçu « comme un cadeau » par sa mère. Suite à cette confidence, je lui parle de son aptitude à l’intimité en lui disant qu’elle se façonne dès la vie fœtale. En lui faisant remarquer qu’il pourrait se vivre comme une personne digne de l’amour d’autrui, je lui demande ce que ça lui fait comme effet de s’en rappeler maintenant que sa mère est décédée. Pensant qu’à rebours cela pouvait lui faire voir son histoire différemment, je suis quelque peu surprise de l’entendre me dire qu’il n’en aurait rien su si Jean-Pierre, le cadet de la famille, le confident de sa mère ne lui en avait parlé. Il trouve incompréhensible le comportement de sa mère si les paroles de sa sœur sont véridiques. 

David a cessé de se confier à sa mère à l’âge de douze ans quand il lui a présenté un poème pour la fête des mères et qu’elle l’a ridiculisé devant toute la famille.

« Une fois, à l’école, j’avais écrit un poème à la fête des mères sur qu’est-ce que j’allais devenir plus tard. J’avais écrit : « Je veux devenir un grand peintre…je veux exprimer l’espérance. Je montre ça à ma mère, pis, elle a tellement ri, elle a tellement ri… Ma sœur Ghislaine…elle dit : « C’est quoi, cette feuille-là? »…J’ai dit : « C’est rien pantoute». Je déchire la feuille…je la crisse au poubelle… Là, c’est fini…m’man…t’auras plus rien, jamais… ».

Dans l’histoire de David, le silence des parents est une violence plus grande encore que les chicanes et les fessées données par le père, «un vrai fou » selon David. 

« La fois du vol…J’étais avec ma sœur et des amis. J’avais 8 ans peut-être…on est allé au…on a volé toutes sortes de niaiseries…une petite chauve-souris en plastique…plein d’affaires de même. On a mis ça dans une boîte de chaussure. Ma mère tombe sur la boîte de chaussures. « Qu’est-ce que c’est ça »? « Qu’est-ce qu’on lui a conté? On avait trouvé ça dans la rue…on l’a ramassé. Après ça, ça a été plus fort que moi…tant pis…si je suis stool…je suis allé le dire à maman…j’aurais pas dû lui dire. 
Elle nous parlait plus du tout. Comme de fait, y avait l’émission de Janette Bertrand : « Quelle famille! ». Cette fin de semaine-là, on écoute…pis les enfants ont volé quelque chose…pis les parents…c’est la crise. Je me sentais-tu mal? Comme ma mère…On avait plus besoin d’en parler…On en a plus jamais parlé.
Y a tellement de choses qui n’ont jamais été dites chez nous. Ma mère, elle aurait pu poigner les nerfs, puis dire : « Vous allez reporter tout ça au magasin ». Y avait rien…horrible …que le silence. Je pense que c’est pour ça aujourd’hui…de ne pas savoir…T’sé…on en avait parlé l’autre semaine…c’est tellement fatigant…là, je ne savais rien. « Qu’est-ce qui se passe dans la tête de ma mère? Je suppose qu’elle est en tabernacle…Ça va pas bien…mais y arrive rien…Y arrive jamais rien. J’ai la chienne…on sait jamais…quand papa va exploser. Ça fait trois jours qu’on a dit ça… y a pas explosé encore. Y explose pas ».

La qualité de son image de soi, renvoyée par autrui, tout autant que des modes relationnels établis avec l’environnement familial pour tenter de s’y insérer affectivement au mieux, va structurer le caractère de David et éventuellement ses troubles affectifs. Sa santé brimée lui vaudra bien des sobriquets dans sa famille d'origine; il en est blessé.

« ...Je coure tout le temps.  J’ai  une poignée dans le dos, ça, c’est sûr…c’est nerveux. Des  fois, je suis tellement bien…En gang, timide…en même temps…là, on fait des courses, c’est toujours moi qui gagne. Je vois des situations… Je me sens …d’une énergie…je suis débordant…en même temps, je suis très, très nerveux,  j’ai peur de déranger du monde…mettons, du monde que je connais…j’ai peur de déranger…mes parents…que je ne comprends pas…
C’est facile d’être heureux, mais je peux juste l’être tout seul et ça je trouve ça plate… Je suis plein de vie…la course m’aide beaucoup à satisfaire ça. Me promener dans les champs…exubérance…je me situe. Aussitôt qu’y a du monde, je me sens mal, parce que je sais plus si je dérange… Quand j’ai du fun, il me semble que je suis tout le temps tout seul…c’est difficile…dans un contexte précis…j’espère que personne va me parler… C’est le seul temps où je suis tranquille. Je ne sens pas qu’y a du vrai bonheur quand je suis petit… »..

Le sentiment identitaire à la base de la différentiation avec les autres
La permanence, la différentiation, la reconnaissance sont les composantes de base actives dans le sentiment identitaire et à partir duquel va s’opérer la perception de soi par soi. Or, pour David, celle-ci est traversée par deux sortes de jugements, soit le jugement interne de David dans sa peur de déranger, soit le jugement externe provenant d’autrui à l’effet qu’il dérange effectivement.

Rechercher un sentiment d’appartenance
David, de son propre aveu, est un homme qui aime les petites provocations pour se faire reconnaître comme « différent ». Cette double appréciation interne/externe différencie l’identité personnelle de l’identité sociale pour donner lieu à un sentiment d’appartenance. L’identité octroyée se concrétise dans la reconnaissance délivrée par la société, ce que David cherche à travers sa demande d’être « crédible » aux yeux des autres. Ce sera une demande que j’entendrai souvent au cours des semaines.

« Me crois-tu? As-tu confiance que je vais faire ce que je dis que je veux faire? »

Le principe du préjugé favorable
Le récit de David en est un où ce qui a prévalu a été la primauté de la personne (Corin, E, Bibeau, Martin et Laplante, 1990), favorisant un cheminement personnel basé sur principe du préjugé favorable envers la personne, principe qui se distingue du concept du meilleur intérêt.

Le dialogue, conçu comme un contexte de par la présence d’au moins lui et moi, intègre la confiance, la fiabilité, un rapport clair et sain qui représente un pivot capital dans notre rapport pour que son « récit » soit un succès pour lui.   En le respectant comme personne, en allant à son rythme, en ponctuant les rencontres de rituels qui à la longue ont été aussi importants pour moi que pour lui, la démarche lui donne une identité narrative, ce qu’il dit avoir beaucoup aimé. Il est devenu important à ses yeux de « se dire », il aime s’entendre se dire également.

Je comprends très tôt dans nos rencontres que son mode relationnel est de puiser la certitude d’exister dans le regard et les attitudes des autres. À partir de la qualité de l’image de soi que je lui renvoie, tout comme des modes relationnels établis avec son environnement privilégié, il tente de s’insérer affectivement, parfois en provoquant mais surtout en affrontant courageusement sa solitude sans la laisser se transformer en angoisse névrotique. Il a des liens forts avec une personne, une femme qu’il a rencontrée dans un événement particulier. David est un participant sensible et touchant. Il est  attachant et sa candeur est rafraîchissante.

Aller de l’implicite à l’explicite
Le discours lyrique de David revient souvent à un symbole d« jeu de billes ». Pour aller de l’implicite à l’explicite, c’est le symbole qui démontre sa capacité d’agir sur sa vie au quotidien.  Il est important pour lui de confronter sa peur de l’inconnu (phobie sociale) et d’entrer en dialogue avec elle par l’agir en l’entreprenant « comme une mission ». Pour lui, c’est la même chose pour la dépression, l’accablement et la tristesse. C’est une stratégie qui lui ouvre la porte à des possibilités intéressantes.    

« Pour ceux qui me liront, j’aimerais commencer mon récit en livrant le message suivant : Quoiqu’on ait à faire, qu’on le fasse. On sait tous ce qu’on devrait faire et qu’est ce qui pourrait améliorer le sort de notre vie. On sait tout ça mais on ne le fait pas. On sait, que ce matin, je devrais appeler telle ou telle personne ou poster telle lettre. On a souvent peur de déranger aussi. Mais quand on a affaire avec des professionnels, il faut se dire qu’on ne le dérangera pas. Ils sont payés pour leur travail. Alors on y va, on y va les déranger, c’est ça leur job de se faire déranger. Le monde a pas l’air de catcher ça. Quand tu vas faire réparer ton auto, as-tu peur de déranger le garagiste? C’est ça qu’il a à faire de réparer des autos ». « Donc, si vous avez à poster une lettre, contester une décision, chercher un médecin pour qu’il signe un formulaire, faites-le parce que le pire qui peut arriver c’est de recevoir un non. Ce qui au fond n’a rien de dramatique ». «En ne faisant rien, en ayant peur du refus, du rejet, de tout et de rien, on ne va pas dans le sens de la vie. Et en prime, nous demeurons sans cesse dans le doute. Et si jamais ça avait marché! »
« Si on va jusqu’au bout, et que là rien ne fonctionne, au moins on sera fixé. Et ce doute sera dissipé. On peut avoir une certaine satisfaction d’avoir tout vérifié de ses propres yeux. Vous savez, je dirais que si je n’avais pas bougé, je serais encore dans la merde aujourd’hui. Allez demander de l’aide. Il y a plein de ressources pour vous aider ».

Lui-même a un jour appelé un éminent personnage pour faire entendre sa détresse. À partir de ce jour, la plupart des intervenants qui l’ont appris, l’ont pris plus au sérieux quand il appelait pour aller en psychiatrie dans ses crises d’angoisse. Au moment de son récit de vie émotionnel, cela faisait neuf mois qu’il n’y était pas allé.

Croire le client est un geste choisi
Pour tenter d’améliorer le sort de la vie de toute personne, il faut qu’il ait le sentiment d’en être digne, non seulement à ses yeux, mais aux yeux d’autrui. Croire le client est important : ce n’est pas la vérité vraie que nous devons rechercher, c’est plutôt d’acheter « la parole qu’il est ». Cela lui redonne sa dignité.
  

Message de Lorraine Loranger
Dans une société qui confond vitesse et résultats, ceux qui apprennent à ralentir vivent mieux le présent dans toute sa capacité. Ma pratique propose plusieurs ateliers pour la gestion de stress: apprivoiser le récit de vie, la communication non-verbale et prochainement la relaxation sensorielle avec 16 thèmes différents sont parmi les plus utiles. Des conférences sur la gestion de stress sont disponibles sur demande.

Commencez chaque journée comme étant une nouvelle journée, trouvez votre destinée, croyez en qui vous êtes et en qui vous voulez devenir.

Créez la vie que vous désirez. Commencez votre trajet avec une démarche puissante en possibilités...celle d’une nouvelle vie…la vie que vous voulez…retrouvez votre pouvoir  pour prendre en charge votre destinée. 

Merci de soutenir la mission éducative de Lorraine Loranger  en transférant ce communiqué à vos contacts intéressés.

mardi 12 mars 2013

L'intégration, la pierre d'assise de la thérapie du tunnel

« Le passé est lié au présent  par une chaîne ininterrompue d’événements » (Anton Tchékhov).


Le corps et l'esprit réunis dans l'aisance et la paix

L'intégration dans une démarche demeure la pierre d'assise de la thérapie du tunnel. L'émotion est la base même de la vie humaine. Le corps et l'esprit sont réunis vers le but de l'aisance et la paix en libérant de multiples stress.


Une image parlante de l’objet du travail intérieure
Bérénice-Bénédicte DARTEVELLE donne une image des germes qui poussent sur les pommes de terre. L’image des germes  résume bien l’objet du travail intérieur:
« Je me souviens que, lorsque j'étais enfant, nous stockions nos réserves de pommes de terre au sous-sol, à plusieurs mètres d'un petit soupirail.  En dépit de ces conditions peu favorables, les pommes de terre se mettaient à germer, mais ces germes blancs et pâles étaient très différents des pousses vertes et vigoureuses qui apparaissaient sur les pommes de terre lorsqu'elles étaient plantées au printemps. Mais ces maigres germes atteignaient deux ou trois pieds de long à mesure qu'ils se dirigeaient vers la lointaine lumière de la lucarne ».

 Une manifestation particulière de la conscience selon Janet
Décrit par Janet comme « une manifestation particulière de la conscience"(décrite en 1889) sous le nom de "subconscience par désagrégation", cette dissociation, ce passage de certains phénomènes psychologiques dans un groupe particulier me paraissait en rapport avec l’épuisement déterminé par diverses causes et en particulier par l’émotion ».  Il continue en disant : « J’ai été amené à supposer que dans des cas de ce genre il y avait une certaine relation entre cette dissociation des souvenirs et le gravité des troubles que ces souvenirs devenus subconscients déterminaient ».

L’intégration, la pierre d’assise de la thérapie du tunnel

La pierre d'assise de la thérapie du tunnel se trouve dans l'intégration des  émotions reliées aux souvenirs qui causent toutes sortes de contraintes internes chez l'individu. De l’embarras ou de l’inhibition d’action à tous les projets refoulés aux calendes grecques, des pensées intrusives à des troubles obsessifs-compulsifs, de dépression en dépression, les traces des conflits intérieurs déchirent l’âme. La gestalt occasionnée par l'intégration des souvenirs contribue à la maturation de l'individu.

La régression consciente est utilisée comme outil 
La régression consciente (par le corps ou des associations) est utilisée comme un outil de choix. Tout le monde connaît ce phénomène. On peut vivre des régressions accidentelles: par exemple, une cliente appelée à faire un témoignage devant des gens de loi fut vite en contact avec une expérience vécue à la cour alors qu'elle était enfant de la (DPJ) Protection de la Jeunesse. Cette expérience hors d’un cadre thérapeutique lui a donné accès à sa conscience d'enfant tout en la conviant à des réponses adaptées pour le moment présent.

La collection de souvenirs provient du néocortex
Pour le dire autrement, l'accès à la collection de souvenirs menaçants se fait à l'aide des parties du cerveau situées dans le néocortex. Selon plusieurs études transversales scientifiques, il semblerait que le lobe frontal gauche joue un rôle important dans la régulation des émotions désagréables et du stress en minimisant les signaux d'alarme de l'amygdale. C'est la raison pour laquelle, tout en nous référant à une expérience du passé, ce rappel ne nous déséquilibre pas. C'est simplement pour optimiser la capacité de faire des nuances et des liens utiles entre des événements.

La mise en scène d’événements avec des émotions intenses
La thérapie du tunnel fait la mise en scène d’événements impliquant des émotions intenses, bloquées, refoulées dans le corps ou dans la tête pour en permettre l’intégration dans la personnalité. Transvaser de l'inconscient au conscient permet de défaire les blocages intérieurs et de récupérer l'énergie  retenue.

Le monde perçu à travers les yeux de l’enfant 
Toutes nos expériences sont enregistrées. L’inconscient détient notre passé; il est en dessous de la conscience. Janet décrivait la pensée inconsciente automatique et soutenait que seule une infime partie des relations entre l’individu et son environnement se déroule au niveau conscient.

L'estime de soi commence avec l'acceptation de soi
Apprendre à s'apprécier tels que nous sommes, connaître ses goûts, ses besoins, ses capacités et ses limites augmentent l'estime de soi. Comme le petit de l'humain est un être social, sa perception de lui-même se forge dès l'enfance au contact des autres: ses parents, ses amis  et la manière dont ils agiront avec lui auront une influence directe sur sa perception de lui-même et son estime de soi. Son sentiment d'avoir une valeur se développe davantage à l'adolescence. Rendu à l'âge adulte, l'addition de ses succès et de son environnement de travail, en famille, joueront un rôle important dans son estime de soi. 

Le conflit psychique, l’angoisse et la culpabilité
L’homme tiraillé est en rupture avec lui-même. Le conflit psychique, l’angoisse inévitable et la culpabilité lui font adopter des attitudes et une conduite contraire à  son entendement rationnel. Ainsi une personne avec des valeurs éthiques peut se retrouver à mettre le feu à ses bâtiments pour obtenir la prime d’assurance.

Rechercher ce qui a déclenché le symptôme
En thérapie du tunnel on recherche ce qui a déclenché le symptôme. Quand l'individu arrive à le relier à un ou à des événement(s) le client l'intègre à sa personnalité et il est souvent délivré non seulement du symptôme, mais aussi des émotions enfouies. 

La guérison demande de démolir des mécanismes de défense

Pour arriver à la guérison, il est nécessaire de démolir progressivement l’une après l’autre les différents mécanismes de défense défensifs et d’éliminer tout blocage dans l’expression des sentiments et émotions. Il ne s’agit pas juste de mettre à jour ces émotions inconscientes, mais de les résoudre d’une manière satisfaisante.

Chaque symptôme raconte une histoire

Les individus identifient leurs propres problèmes et chaque symptôme amené par le subconscient raconte une histoire, révélant  des croyances illogiques et des décisions erronées. Par ce fait, celui qui a entrepris la démarche découvre ses propres solutions à ses problèmes en coopération avec ses objectifs de départ.

La réaction est celle de l'enfant intérieur
Une partie de notre conscience perçoit le monde avec les yeux de l'enfant que nous avons été ; l'autre partie voit le monde à travers les yeux de l'adulte que nous sommes. En raison de cette capacité, nous percevons et vivons les événements différemment selon la partie de la conscience à laquelle nous accédons. Les lobes préfrontaux sont les parties du néocortex qui suscitent les réactions émotionnelles. L’amygdale, quant à elle, réagit de  manière impulsive et moins réfléchie au stress, s’emballant à tel point que le cerveau rationnel est pris en otage. La réaction est spontanée: l’individu fige les émotions de l’événement pour s’en protéger et refoule ses souffrances. On donne à ces troubles le nom de souvenir traumatique.

La persistance du souvenir

L’inconscient détient notre passé. Dans certains cas, le souvenir de l’événement persiste avec son cortège de sentiments divers. Pour d’autres personnes, le souvenir devient inaccessible, mais la pensée, le corps ou les comportements l’illustrent.

Faire la paix avec les événements en les intégrant

La thérapie du tunnel va confronter l’individu à ses problèmes passés, à des aspects oubliés ou occultés. De vieux ressentiments envers des personnes proches vont refaire surface et de douloureux secrets longuement refoulés se manifesteront. Des émotions et des sentiments réprimés depuis des années  vont se révélés alors que ceux-ci étaient verrouillés par la peur. Faire la paix avec ces éléments va lui redonner une grande liberté et une énergie renouvelée qu'il pourra dès lors utiliser pour réaliser ses rêves.

La métaphore de la traversée du tunnel

Traverser le tunnel de la thérapie du tunnel est une métaphore. Il représente les aspects cachés des expériences non-comprises ou non digérées. Le lien entre les expériences non assimilées et l’identité personnelle deviendra évident en ce sens que ce que l’on sait aide à nous définir et à donner notre expansion.

Le passé non-réglé est toujours devant soi
Tant que le passé n’est pas réglé, la tendance dans l’âge adulte est de ressentir et répéter toujours les mêmes souffrances qui proviennent d’expériences douloureuses survenues le plus souvent dans l’enfance. Le terrain affectif est propice à développer le maintien des circonstances de l’enfance. Cet aspect de la vie devient très évident durant la période d'intégration.

Les mécanismes de survie
Les mécanismes de survie prennent racine de l’enfance. Comme l’enfant n’a pas assez de connaissances pour choisir sa réaction, le comportement adopté n’est pas rationnel. C’est l’enfant en soi qui réagit. C’est une attitude qui permet de survivre. Le travail sur soi au Centre Au nom de la santé consiste à intégrer les émotions refoulées. Que de décisions à réviser alors que celles-ci furent prises pour éviter la souffrance!

La conscience intégrative pour une distinction entre le présent et le passé

Le travail intérieur conscient permet d'intégrer le cognitif, le comportemental, l'émotionnel et la conscience du moment présent. La conscience intégrative permet de faire une distinction marquée entre le présent et le passé et de réagir de manière appropriée. La régression rend les expériences refoulées accessibles empêchant l’individu d’être soumis à l’impératif de l’irrationnel. 

Après la révision du passé, l'histoire ressemble à un bon livre 

Une conscience unifiée ramène au présent sans la douleur que l'enfant a dû refouler et nier pour survivre. Les anciennes douleurs de notre enfance revécues en thérapie du tunnel démantèlent les mécanismes de défense qui protègent à tort et à travers pour une protection désirable pour un enfant mais pas pour un adulte.

Les expériences douloureuses
Le travail en thérapie du tunnel atténue la tendance dans l’âge adulte à ressentir et à répéter toujours les mêmes souffrances qui proviennent d’expériences douloureuses survenues le plus souvent dans l’enfance et qui se transforment en douleurs corporelles. Le terrain affectif s'en trouve amélioré et l'individu retrouve sa liberté intérieure devenant plus unifié.

Toutes les émotions sont utiles

Plus le travail se fait en conscience plus l’individu devient conscient, non seulement des stimuli extérieurs, mais aussi de ses idées, de ses rêves, et du flot incessant de ses sentiments, de ses émotions et de ses réactions physiologiques. Plus cette conscience sera grande, mieux l’individu pourra se mouvoir dans une direction qui est en accord avec le flux de sa vie contemporaine.

Modifier les cartes cognitives et émotionnelles 

La thérapie du tunnel est une façon de modifier les cartes cognitives et émotionnelles des individus. Les clients expérimentent un sens nouveau à leur vie. Leur habileté plus grande à faire des choix qui sont alignés avec leurs buts conscients offre une nouvelle raison d'être. La plus grande souplesse dans leur interaction avec des gens et des situations modifie leurs croyances face à eux-mêmes et une plus grande appréciation des autres. Leur nouvelle confiance et une meilleure estime de soi produisent des changements concrets et durables. Leur bonheur en est amélioré. Les changements sont habituellement évidents dès la fin du processus et sont cumulatifs dans les semaines et les mois qui suivent. 

Changer pour exister autrement demain
Le changement et l’atteinte d’objectifs sérieux ne se font pas sans un engagement ferme, mais quand le terrain est finalement nettoyé, on a beaucoup d'obstacles pour le mettre de l'avant. L'engagement et la réussite du changement fait la promotion d'une confiance retrouvée, redonne du sens à l'individu en rendant accessible ses ressources naturelles qui sont les clés du succès pour un changement durable.

La démarche de la thérapie du tunnel est plus rapide
 La démarche de la thérapie du tunnel comme méthode de « récit de vie » est comme nulle autre. Plus accélérée que toute autre forme de « récit de vie », parce que les mécanismes de défense ont moins l’option de se mettre en place que dans une thérapie verbale conventionnelle. Le trajet en thérapie du tunnel permet de comprendre pourquoi l’individu a enfoui ses souffrances si loin que possible. Nous dirons que les événements ont été occultés par de fausses sécurités inconscientes. L’espace libéré par le nettoyage peut maintenant faire une place à une « nourriture » de choix pour retrouver une motivation et des repères mieux adaptés à ses besoins contemporains.  

Message de Lorraine Loranger
Dans une société qui confond vitesse et résultats, ceux qui apprennent à ralentir vivent mieux le présent dans toute sa capacité. Ma pratique propose plusieurs ateliers pour la gestion de stress: apprivoiser le récit de vie, la communication non-verbale et prochainement la relaxation sensorielle avec 16 thèmes différents sont parmi les plus utiles. Des conférences sur la gestion de stress sont disponibles sur demande.

Commencez chaque journée comme étant une nouvelle journée, trouvez votre destinée, croyez en qui vous êtes et en qui vous voulez devenir.

Créez la vie que vous désirez. Commencez votre trajet avec une démarche puissante en possibilités...celle d’une nouvelle vie…la vie que vous voulez…retrouvez votre pouvoir  pour prendre en charge votre destinée. 

Merci de soutenir la mission éducative de Lorraine Loranger en transférant ce communiqué à vos contacts intéressés.

samedi 16 février 2013

À tout âge, les fantômes du passé doivent être remisés

Les fantômes du passé affectent le présent et le futur
Les fantômes du passé sont de véritables nuisances dans le présent et ils affectent le futur également. La mémoire comporte une infinité de fonctions: la mémoire affective offre une reconstruction de souvenirs significatifs qui peuvent réapparaître quand ils font obstacle à notre bien-être psychique.

Une image vaut mille mots
On dit qu’une image vaut mille mots. Imaginons un instant que nous ayons un arpent de terre sur lequel nous aimerions planter des tulipes : que faudrait-il faire en premier? 
a)   évidemment,  enlever les racines, mauvaises herbes, branches ;
b)   ensuite apprêter le sol pour recevoir les bulbes ;
c)    nourrir adéquatement le sol pour planter les bulbes ;
d)   continuer d’alimenter le sol pour une récolte optimale.

La thérapie du tunnel défriche l'histoire 
Il en va ainsi de la thérapie du tunnel, qui, elle, défriche l’histoire (terrain), ensuite rend apte à recevoir d’autres modèles, lesquels seront sélectionnés par le client pour sa vie présente quand il sera prêt à choisir parmi différentes options.



Les mécanismes de régulation du cerveau 
L’homme est triple, dit-on souvent. Il est chair, intelligence et cœur. L’intelligence dépend des mécanismes cérébraux, tout le monde le sait. La chair, quant à elle, est une individualité qui doit son essentiel aux mécanismes de régulation de la base du cerveau et du cerveau primitif. Ce dernier règle la recherche instinctive du plaisir et la fuite devant ce qui est désagréable. La sagesse du corps s’accompagne de la connaissance du bien et du mal par le biais de l’éducation. C’est le cerveau temporal (le néo-cortex) qui concilie en une intégration intelligente, par le cœur, à la fois les besoins du corps et de l’intelligence. Il accorde, à lui seul, non seulement les besoins individuels mais aussi les besoins sociaux.

Le siège de la pensée est dans le cerveau et dans le corps 
Pour résumer, nous pourrions alors dire que le siège de la pensée n’est pas seulement dans le cerveau, mais aussi dans le corps. La totalité de l’individu pense. Les pensées ne sont pas rangées dans un lieu unique. La pensée, avec son aspect émotif lors de stress, retentit à distance sur le corps, parce que notre corps avec ses organes est dans notre cerveau sous forme de ces images électriques induites par les messages des sens. 



Les messages sensitifs viscéraux transmis entre le corps et le cerveau  
« Le coeur a ses raisons que la raison... est loin d'ignorer ». Le  domaine viscéral est inconscient et involontaire, mais il n’échappe pas au cerveau. Les messages sensitifs viscéraux arrivent ainsi à la moëlle et de nombreux réflexes existent entre le corps et le cerveau (sous l’effet réflexe d’une pensée à teneur émotive, il y a contracture de la paroi abdominale ou des douleurs internes rapportées à la peau suivant la perte d’un être  cher). Certains problèmes émotionnels, tels une baisse d’estime de soi, produisent des changements de structure corporelle amenant des contractures musculaires (courbure du dos).

L’importance des facteurs interpersonnels
La cause d’un comportement dit anormal néglige bien souvent l’importance des facteurs interpersonnels. L’équilibre et les déséquilibres psychosomatiques s’expriment dans les influences mutuelles du cerveau et de l’hypothalamus.

Sous notre contrôle, la conscience s’exprime dans nos pensées et nos actes
Ce qui peut être contrôlé par la conscience s’exprime dans nos pensées et nos actes. Ce qui est inexprimable est, au contraire, sources de déséquilibres, d’éclats, de mensonges, de malaises physiques ou mentaux et se retrouvent sous la règle de l’inhibition et dans le refoulement.


Rechercher ce qui a déclenché le symptôme
En thérapie du tunnel on recherche ce qui a déclenché le symptôme. Quand l'individu arrive à le relier à un ou à des événement(s) le client l'intègre à sa personnalité et il est souvent délivré non seulement du symptôme, mais aussi des émotions enfouies. 



Les désordres liés aux souvenirs refoulés de l’enfance
Les désordres liés aux souvenirs refoulés de l’enfance révèlent un mécanisme nerveux qui peut être mis au service de l’équilibre et de la santé physique et psychique de l’individu quand il se sent prêt à les intégrer dans son être entier.

Ces complexes inhibés seront ramenés dans le champ de conscience quand l’individu est prêt à lui faire face, soit dans un rêve, soit lors d’une démarche émotionnelle.

L’enfance serait responsable des déséquilibres affectifs et corporels
Pour tout tenant du modèle théorique selon lequel l’enfance serait responsable des déséquilibres affectifs et corporels, le traitement vise à clarifier la signification interne des événements, des sentiments et des comportements pour arriver à les intégrer et pour résoudre les émotions déclenchées d’une manière satisfaisante.



Toute thérapie doit agir par le cerveau, sur le corps… et sur le cerveau
La thérapie du tunnel avec ses autres outils restaure tout en libérant le fonctionnement subjectif pour une bonne intégration. Le subconscient cherchera activement dans le cerveau et dans le corps pour faire émerger des associations intuitives.

De nouveaux modes de comportements s’installent 
Comme la thérapie fait émerger les processus les plus profonds, inconscients et asociaux, non seulement les faits corporels faciliteront la prise de conscience et la compréhension, mais ils confronteront aussi les processus et leurs structures pour accéder aux fondements même de la maladie. C’est la raison pour laquelle de nouveaux modes de comportements s’installent dès les premières rencontres.

En bref, faire une thérapie du tunnel, c’est essentiellement faire sa vérité, toute sa vérité, en se servant du subconscient que chacun porte au cœur de soi.



La personne découvre plus de ses ressources 
Somme toute, la personne qui consulte se guérit en utilisant plus de ses ressources découvertes au moyen de la thérapie du tunnel, parce que celle-ci enlève les limites et rend disponible des ressources jusque-là inutilisables. Milton Erickson, dans sa grande sagesse disait : « Ton conscient est intelligent, mais ton inconscient l’est bien davantage ». Car le subconscient, celui-là même responsable d’avoir caché le matériel (et pour cause : tu étais trop jeune, innocent pour l’assimiler) est créateur, organisé et capable d’opérer des transformations profondes si c’est ce que l’individu veut.

Bibliographie
Damasio, A (1995) L’erreur de Descartes. La raison des émotions,
Paris, Odile Jacob,

Croisile, Bernard, (2009) Tout sur la mémoire, Paris, Odile Jacob p. 486
  
 Témoignage :
J’ai fait ma thérapie du tunnel alors que j’avais 16 ans. Tout mon argent de poche y est passé….le reste, c’est mon père qui s’en est chargé. J’ai maintenant 22 ans, ça fait déjà 6 ans.

Depuis un an, je vis avec un garçon. Il y a eu plusieurs ajustements au début, mais je suis consciente que la bonne communication apprise durant ma thérapie a contribué à notre harmonie de couple.

Avant, j’avais eu seulement un chum et après quelques mois, la sexualité semblait être un enjeu de pouvoir entre nous. Quand nous avions des rapprochements, il cherchait à m’humilier en me disant des bêtises sur mon comportement amoureux. Je me sentais inadéquate et cela me faisait de la peine.

En thérapie du tunnel, on doit tout dire ce qui remontait…ce n’était pas facile pour moi. Chez moi, avec ma mère, il y avait beaucoup de silence. Elle souffre d’une maladie mentale et se confine souvent à sa chambre ou elle sort la nuit.

Le fait de devoir tout dire a été formateur pour moi : cela m’a permis de mieux prendre ma place parmi les autres alors que j’étais étudiante. Je me suis sentie plus intégrée au secondaire et dans mon premier travail. Par contre, cela m’a aussi fait apprécier ma différence et même encore maintenant, c’est quelque chose qui me rend fière.

Grâce à ma thérapie du tunnel, j’ai fait plusieurs démarches pour apprendre à méditer : cela m’ouvre sur mon monde intérieur et calme mes angoisses occasionnelles.

Tous les jours, je perçois encore les effets de ma thérapie. Janick

Message de Lorraine Loranger
Dans une société qui confond vitesse et résultats, ceux qui apprennent à ralentir vivent mieux le présent dans toute sa capacité. Ma pratique propose plusieurs ateliers pour la gestion de stress: apprivoiser le récit de vie, la communication non-verbale et prochainement la relaxation sensorielle avec 16 thèmes différents sont parmi les plus utiles. Des conférences sur la gestion de stress sont disponibles sur demande.


Commencez chaque journée comme étant une nouvelle journée, trouvez votre destinée, croyez en qui vous êtes et en qui vous voulez devenir.



Créez la vie que vous désirez. Commencez votre trajet avec une démarche puissante en possibilités...celle d’une nouvelle vie…la vie que vous voulez…retrouvez votre pouvoir  pour prendre en charge votre destinée. 


Merci de soutenir la mission éducative de Lorraine Loranger en transférant ce communiqué à vos contacts intéressés.