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jeudi 18 avril 2013

Les secrets de famille maintiennent un joug sur ses membres

Françoise Dolto écrivait : « Tout enfant est obligé de supporter le climat dans lequel il grandit, mais aussi les effets pathogènes, restés en séquelles, du passé pathologique de sa mère et de son père ».

Des secrets de famille
Se dégager d'une position de victime de son histoire est un projet d'engagement envers soi-même, c'est une affirmation qui servira de repérage, qui sera une clarification de ses propres tendances à la répétition.

Depuis 1994, j’ai recueilli des témoignages des personnes ayant fait les deux démarches, notamment la thérapie du tunnel et au besoin, si nous rencontrions un mur, nous allions vers la possibilité des secrets de famille. Les résultats probants de l'atelier "psycho généalogie appliquée" sont venues s'ajouter à ces témoignages. 

Déni mémoriel et culturel
Juliette n’a pas connu ses grands-parents maternels décédés lors d’un accident de la route. Sa trajectoire individuelle apporte avec elle des héritages de déni mémoriel et culturel qui vont l’influencer à son insu. Il ne s’agit pas de trouver des coupables pour les choix faits mais plutôt de comprendre ce qui se met en œuvre dans sa trajectoire. Sa démarche préconise l’acceptation.


Juliette écrit:
« J’ai pris beaucoup de temps pour t’écrire après ma thérapie du tunnel. Tu connais mon vécu de culpabilité, mais pour t’en parler, je ne trouvais pas les mots. Merci d’avoir respecté ce long silence!
Je veux revenir sur les raisons de mes consultations avec toi. Quand j’étais petite, j’ai découvert que mon arrière-grand-mère avait participé à la 2e guerre mondiale. Je voulais toujours en savoir plus, mais clairement intimé que les informations que je trouverais ne manqueraient pas de me donner une idée fausse. C’était la première que je confrontais la honte familiale. On avait honte de cette grand-mère, on voulait la renier. Je suis allée aux archives nationales pour apprendre qu’il me faudrait séparer le bon grain de l’ivraie.
Je te rappelle que je cherchais à savoir pourquoi je ruminais sur le suicide depuis l’âge de 10 ans. Je n’avais pas d’attachement à la vie sans avoir vécu quoi que ce soit de particulier, toujours prête à la quitter dès que j’éprouvais des difficultés de toute sorte.
J’étais seulement capable de me lier à un autre momentanément dans une intimité, mais dès que cela devenait sérieux, je fuyais. Alors que je me sentais coupable, j’étais incapable de faire autrement.
Beaucoup plus tard, dans ma démarche, j’ai compris que mon rapport à mon histoire familiale était un élément majeur d’invalidation et de honte pour moi.
En découvrant une grand-mère issue des premières nations, j’ai compris la source du déshonneur qui m’a tant marquée. J’ai dû réhabiliter mon arrière-grand-mère auprès de ma famille. Elle avait été rejetée en bloc. Cela m’a fait du bien de m’inscrire comme femme avec ma part d’ombre et célébrer ce qui constituait, au contraire, une gloire dans l’histoire de notre pays.
Le génosociogramme que j’ai élaboré avec ton aide a mis à ma disposition plusieurs éléments géographiques et socio-culturels pour une recherche pleine de sens. Je continue d’avoir certaines réticences à entendre les raisons de la désaffiliation de ma famille en lien avec cette femme courageuse qui a défendu les siens. Bien sûr, les nombreux codes de lois inscrits dans ma famille après la guerre parlent de ce qui dérange dans la prise de décision de mon aïeule mais surtout de sa lignée autochtone qui fait obstacle à l’intégration dans la société nord-américaine, québécoise des années 50.
Ce que j’ai compris, c’est que c’est moi qui ai porté le poids du blocage émotif de ma famille. Mon désir passif de mort était le « canal » le plus probable d’une émotion interdite que personne de la famille pouvait exprimer. Cette femme a été perçue comme ayant balayé les besoins de la « tribu » du revers de la main pour se joindre à l’armée. Elle a eu sa famille après la guerre, mais on ne lui a jamais pardonné sa défection.
J’ai réussi envers et contre tous à insérer mon arrière-grand-mère en moi. Mon univers affectif s’est agrandi quand certains membres de ma famille ont changé leur manière de voir cette réalité. Cela m’a permis de sortir de mon isolement psychique ».

Une famille refoulée crée un désert affectif 
L’interdit contre la joie et la libération provoque la culpabilité, l’autopunition répétitive. Le travail sur les traumatismes familiaux et l'intégration des aspects cachés va servir à l'unification personnelle du membre de la famille.

Jim écrit :
«Je suis né dans une famille endurante et silencieuse. Ce que je veux dire par là, c’est que nous n’avions pas le droit de nous plaindre, à peine avions-nous le droit d’exister, du moins quand j’étais petit. Pendant longtemps, après mon entrée à la petite école, je me suis crû anormal.  
Quand j’ai commencé ma thérapie du tunnel, je me suis rendu compte à quel point j’étais un être refoulé. J’avais toujours mal au ventre, je tremblais à chaque session comme si mon subconscient voulait ma mort. Je souffrais profondément de mon manque de mots pour dire ce que je vivais dans mes scènes intérieures.
Un jour, après m’être battu longuement contre ma peur de ternir l’image parentale, j’ai senti un grand cri au fond de la gorge. Je me sentais envahi de doutes mais j’ai à ce moment-là commencé à questionner nos silences.
Pour continuer d’aller dans le même sens, je me suis joint à des groupes de mon nom de famille et j’ai côtoyé des personnes qui avaient connu mes parents quand ils étaient jeunes. De fil en aiguille, j’ai découvert la nature de leurs silences respectifs. Dans un atelier de groupe, j’ai aussi appris à  faire un génogramme pour retracer certains événements de leur vie. Les « trous » se sont remplis, les « oublis volontaires » se sont dévoilés et les « échecs » se sont expliqués.
J’ai compris des choses et j’ai fait du sens de mon environnement socio-économique et de ma réalité psychologique. Les règles de mon système familial se sont éclairées et j’ai pu explorer mes ressentiments que j’éprouvais face à ce qu’on m’avait caché  (l’alcoolisme, la violence, la sexualité tordue).
Quand j’ai terminé ma thérapie du tunnel, j’ai su que je n’aurais jamais à répéter les schémas de mes parents. Ils avaient fait de leur mieux, mais cela me laissait dans un désert affectif, ce que je ne voulais pas pour mes enfants. Ma souffrance initiale s’est transformée en zèle d’implication auprès des différents membres de ma famille. Cela m’a donné l’énergie de pardonner à ceux qui avaient fait du tort à mes parents. J’ai finalement découvert ma joie et mes forces pour déployer mes ailes ».

Grandir dans le mensonge se révèle énergivore
Grandir dans le mensonge est difficile pour tout enfant adopté s’imaginant à tort lui éviter de souffrir en lui cachant ses origines. La situation présentée ci-dessous est un peu différente, mais elle confronte aux origines, à la place et à la légitimité dans la famille. L’interdit de dire se révèle énergivore.

Gemma écrit :
« Ma mère m’a souvent dit : « ce que tu ne sais pas ne peut pas te faire mal ». J’ai vérifié par moi-même, mais je ne suis pas d’accord. Je me suis dite bien des choses à ce sujet. Peut-être que la réputation de ma famille est plus importante que mes besoins! Ça me fait mal de m’entendre penser comme ça.
Nier l’existence de ma vraie mère me fait ressentir le rejet. Sans jamais me le dire clairement, on m’a indiqué que je ne devais pas parlé d’elle. Je sentais à quel point c’était souffrant. On m’a dit que si je voulais sauvegarder l’honneur de la famille, « il fallait laisser les  fantômes là où ils étaient. Cela ne va pas ramener les choses dans l’ordre de parler d’elle », qu’on m’a dit.
C’est vrai que ma mère a fait ses choix, c’est vrai que c’est à elle de s’en occuper. Mon bagage inclut une mère qui s’est faite arnaquée par sa sexualité déviante. Ma grand-mère m’a élevé et m’a adopté. Mais le résultat est que j’ai été prise entre deux réalités, dont l’une m’était défendue. On m’a dit qu’elle était disparue de nos vies, « pourquoi se mettre en frais de la faire revivre? » Sauf qu’elle n’est pas morte, du moins, que je ne sache!
À chaque fois, c’était comme si on me disait que je n’existais pas non plus. Je ressens encore de la colère face à grand-mère : pendant longtemps je ne lui faisais plus confiance et ma mère est devenue le secret le mieux gardé de ma vie. Je me suis inventé son passé, je l’ai fait vivre au loin avec des désirs de me rencontrer, de vouloir me connaître. Mais si l’enfer existe, c’est de cela qu’il s’agit : une histoire impossible et un isolement à n’en plus cesser.
Tout au long de ma vie j’ai eu des difficultés d’apprentissage, je me suis sentie différente et bien méchante : quand j’ai quitté la maison des parents adoptifs, j’ai fait les 400 coups. N’étais-je pas la digne fille de ma mère? Mes problèmes de santé m’ont isolé davantage : à 26 ans, je souffrais d’hypertension, d’obésité, de ne pas avoir d’amies.
Ce n’est qu’après un long parcours thérapeutique et un cheminement dans les AA que je me suis libérée de ce secret qui minait ma vie d’adulte. Comme ma mère avant moi, je me suis sentie le bouc émissaire de la famille. J’ai eu à mentir sur mes origines, j’ai dérivé vers le pire avant de faire ce travail sur moi. Maintenant, je dis franchement que ma mère est perturbée et que je ne sais pas où elle est même après beaucoup de recherches. Je ne l’ai pas vu depuis mes 3 ans. Mes problèmes de toxicomanie et de délinquance se sont résolus. Je me sens plus forte et j’ai remis à mes parents adoptifs leur plus grand secret.
Je sais que je ne suis pas la seule atteinte par le secret. Pauvres eux! Ils ont eu à se rigidifier pour faire comme si ma mère n’existait plus. C’est aussi leur perte. Je suis retombée sur mes deux pieds alors qu’ils sont éminemment souffrants devant leur manque de vérité. Ils doivent faire semblant.
J’ai fin mon deuil de ma mère pour mon plus grand bien. Peut-être qu’un jour, je pourrai leur pardonner, mais pour le moment, je me respecte dans ma vérité ».

Les secrets ténébreux rompent les liens de confiance
Même les familles qui semblent les plus limpides ont leur lot de petits et grands drames. La maladie mentale est un drame que John Bradshaw appelle les « ténébreux secrets » qui rompent les liens de confiance et d’intimité, entravent l’épanouissement personnel et l’expression de l’amour, souvent sur plusieurs générations.

Madeline écrit :
Ma grand-mère paternelle a été exclue de la famille, elle a été mise dans un asile dans les années 1950, suite au décès de son mari. Elle s’était faite interceptée sur la route alors qu’elle conduisait  à vive allure dans une tentative de suicide. Aucun membre de la famille ne voulait garder cette femme manique et dépressive. On l’a laissé être internée. Au moment de commencer ma thérapie du tunnel, je suis ignorante de ces faits. Pour une raison que je ne comprends pas, je n’ai jamais pensé au fait que mon père n’avait pas été élevé par sa mère.
Cette histoire confirmée par d’autres,  fait que je me suis sentie coupable de ne pas l’avoir reconnue. Élevé par une tante, mise sur un piédestal puisqu'elle a évité l'orphelinat à mon père, ce n’est qu’à l’âge adulte que je me suis rendue compte des enjeux de cet écart. Je ne peux pas parler pour mon père, il est décédé suite à des complications pulmonaires. Mais je sais que plusieurs frères et sœurs de mon père ont beaucoup souffert de la situation. Une sœur de mon père a mis tous ses enfants en élevage. Si ce n’est pas assez, un frère de mon père s’est enlevé la vie alors qu’il n’avait que 16 ans.
Toute ma vie, j’ai fait de l’asthme et des crises allergiques. Quand je me suis rendue pour mon premier rendez-vous en thérapie du tunnel, les « vannes » émotives se sont ouvertes et j’ai lâché toutes mes misères. Je me suis reconstruite grâce au travail sur les « secrets de famille ». Je n’ai pas encore d’enfants mais je me promets de les nourrir à la « vérité » : je sais que la plupart du temps, nous ne sommes pas conscients des dommages que les secrets peuvent avoir sur nos vies d’enfance, mais j’ai été profondément marquée pensant que ce que je vivais ressemblait passablement à la vie des autres. Je m’étais fourvoyée! Je ne fais plus d’asthme et quand je souffre d’allergie, c’est très léger. Quand ça m’arrive, je sais que quelque chose ne fonctionne pas et je me mets sur le mode recherche pour découvrir ce qui l’a déclenché ».

Des mots créent des maux
Bruno est fils unique. Il tente de vivre son homosexualité du mieux qu’il le peut sachant que ses parents sont très déçus car ils n’auront jamais de petits-enfants. Bien que ses parents ne l’aient jamais désapprouvé, Bruno a le sentiment qu’ils sont très déçus de lui et qu’il n’est pas à la hauteur de leurs aspirations.


Bruno a appris tard son erreur de jugement. Il raconte :
« Mon arrière-grand-père paternel était un des premiers pionniers de sa campagne. À l’époque de ma naissance, il était responsable de la fabrique de son village et avait fait de la prison pour avoir utilisé les fonds de la caisse à son profit. J’ai entendu parler de lui alors que j’ai huit ans. J’ai su que ce grand-père déjà mort est décédé en prison. 
Quand on  l'évoquait, on disait des choses qui n’étaient  jamais tirées au clair. On me disait souvent : « Ne fais pas comme ton arrière-grand-père, fais un homme de toi, fait un homme de toi ». Jusqu’à l’âge de 41 ans, je n’ai jamais posé la question. On ne m’a jamais expliqué en quoi mon comportement ne devait pas ressembler à celui du grand-père. Faute d’explications, je me suis formé ma propre interprétation.  Adolescent, cette phrase m’a laissé confus; j’ai compris qu’on me parlait à mots couverts de ma sexualité mais je me sentais mal à l’aise de poser des questions.
Dans les réunions de famille, on ne parlait jamais directement du grand-père : on exprimait plutôt des signes de regrets : « S’il avait été un homme!  Dans mon for intérieur, je me suis dit que moi non plus je n’avais pas ce qu’il fallait pour être un homme ».
La phrase de prédilection de mon enfance m’a fait prendre un chemin qui n’était pas le mien. Je me blâme de ne pas avoir compris. J’ai eu ma première relation homosexuelle à l’âge de 36 ans. Cela m’obsédait tellement que c’est une des raisons pour laquelle je suis allée en thérapie ».

Ce sera au cours de sa thérapie du tunnel alors qu’il a 41 ans qu’il va s’intéresser à la petite phrase répétée si souvent dans son enfance. Lorsque l’on connaît l’histoire secrète, l’on peut modifier les effets qu’elle a sur soi, modifier le clivage aliénant. En tirant cela au clair auprès de sa mère, veuve, une vieille dame de 85 ans, Bruno reprend ses droits.

Trois ans plus tard. Bruno m’écrit :
« Depuis ma thérapie il y a trois ans, des événements que je n’aurais pu prévoir sont arrivés pour mon plus grand bonheur. Ma rencontre avec Sarah fut le déclencheur d’un grand tournant dans ma vie. Je me considère tellement chanceux.  J’ai une femme, un fils et un chien et une terre à bois ».
« J’ai fait un grand tour de piste. Parti de la France en 1976, je m’étais toujours senti orphelin.  Mon départ pour le Canada n’y a pas changé grand-chose. Bien avant mon arrivée au Québec, je me suis longuement battu avec mon désir de mort. Dans toutes mes étapes de vie importantes, je croyais que mon heure avait sonné ou plutôt que je la ferais sonner. Des anges ont jalonné mon parcours sur terre car à chaque fois, je m’en suis remis et j’ai pu continuer. Ne va pas croire que je me serais suicidé. Toutefois, mon désir de vivre était si faible que je me suis souvent mis à risque.
Après ma thérapie, c’est surtout dans ma manière de vivre ma peine que je me suis dégagé.  J’ai cessé de boire, je ne fume plus et pourtant je vis de grands stress émotifs. Il y a quelques années j’aurais vendu mon âme au diable plutôt que de me séparer de mes béquilles!
Je vis finalement et je me sens libre, Bruno » 

Les secrets de famille tentent de se dire 
Personne ne condamne des parents qui peuvent se sentir mal à l’aise de parler des « tares familiales. Ce qui est intéressant, c’est que et les secrets tendent à se dire, à se montrer par des comportements différents. Ces langages codés, même quand ils sont tenus secrets, tente d’alerter l’entourage.

Je sais que le médical tablera davantage sur la génétique, mais cette manière de voir est réductrice d’un phénomène qui « sacrifie » des membres de famille quand elle redoute le regard d’autrui. Pourquoi l’ascendant n’aurait-il pas eu droit, lui aussi, à l’erreur, à la maladie, à ses côtés retors?  Tous les humains ont leur ombre, aussi bien que leur lumière. À n’en pas douter, la honte tue l’âme. Chaque personne devrait avoir la chance de vivre sa vie plutôt que celle révélée par l’ombre d’un ascendant.

Digérer les blessures de l'âme
En passant notre vie au peigne fin avec la collaboration de notre subconscient, notre immunité physique sera plus élevée. L'utilité de la démarche consiste à faire digérer d’abord et avant tout les blessures de l’enfance.  En étant à jour avec nos émotions, nous aurons finalement la chance de créer des relations plus saines et harmonieuses.

Comme le subconscient fonctionne à l’économie, la thérapie du tunnel ne débusque que ce qui est lié aux motifs de consultation. Ainsi, la commande sera de guérir définitivement ce qui entrave notre liberté émotive.

Prévoir la finalité lors du dévoilement d'un secret est difficile à faire
Lors du dévoilement d’un secret, il est possible que cela crée des liens, que cela rétablisse des relations souffrantes, mais certains autres obligent à refaire des choix et parfois, à mettre fin à des relations qui sont toxiques et ne sont plus bénéfiques. Il est difficile de prédire la finalité d’un dévoilement.

L’utilité de la thérapie du tunnel 
La thérapie du tunnel est l’outil par excellence pour débusquer les affects occultés. Le symptôme ne fait que les mettre de l’avant dans une tentative d’alerte à l’individu. Hautement efficace pour les maladies psychosomatiques, les phobies, les problèmes d’angoisse, les dépressions, les problèmes sexuels, les problèmes reliés à toute relation interpersonnelle, cette thérapie intensive  ou à la semaine agit sur les éléments formels, sur l’élimination des blocages et les inhibitions ainsi que sur les différentes composantes de l’équilibre global.

Le témoignage de Ginette se rapporte à un vécu de violence que différents membres de famille connaissaient mais taisaient pour garder les apparences.

La santé émotionnelle s'améliore
En thérapie du tunnel, la prise de conscience a lieu quand un phénomène inconscient, devenu conscient, est « pris en charge », en s’intégrant au MOI pour renforcer l’individu. Quand l’individu met à jour ses conflits intérieurs en thérapie du tunnel au lieu de les nier ou de les refouler…ou de les répéter sans le savoir, d’importants fragments de personnalité sont récupérés et la santé émotionnelle en bénéficie. Évacuer la charge somatique permet à l’état de stress actif dans le système nerveux de se dissoudre. De plus, la prise de conscience réussie conduit l’individu vers de nouvelles actions, vers de nouvelles libertés. 

Message de Lorraine Loranger
Dans une société qui confond vitesse et résultats, ceux qui apprennent à ralentir vivent mieux le présent dans toute sa capacité. Ma pratique propose plusieurs ateliers pour la gestion de stress: apprivoiser le récit de vie, la communication non-verbale et prochainement la relaxation sensorielle avec 16 thèmes différents sont parmi les plus utiles. Des conférences sur la gestion de stress sont disponibles 

Message de Lorraine Loranger
Dans une société qui confond vitesse et résultats, ceux qui apprennent à ralentir vivent mieux le présent dans toute sa capacité. Ma pratique propose plusieurs ateliers pour la gestion de stress: apprivoiser le récit de vie, la communication non-verbale et prochainement la relaxation sensorielle avec 16 thèmes différents sont parmi les plus utiles. Des conférences sur la gestion de stress sont disponibles sur demande.

Commencez chaque journée comme étant une nouvelle journée, trouvez votre destinée, croyez en qui vous êtes et en qui vous voulez devenir.

Créez la vie que vous désirez. Commencez votre trajet avec une démarche puissante en possibilités...celle d’une nouvelle vie…la vie que vous voulez…retrouvez votre pouvoir  pour prendre en charge votre destinée. 

Merci de soutenir la mission éducative de Lorraine Loranger en transférant ce communiqué à vos contacts intéressés.






samedi 29 décembre 2012

Traverser le tunnel/TÉMOIGNAGES

TRAVERSER LE TUNNEL 
Chacun peut se former une image de la traversée d'un tunnel, mais la thérapie du tunnel offre en effet une manière bien précise de laisser remonter ce qui est refoulé, occulté ou tout événement inachevé

Ce que je suis en vérité

Lorsque j’ai rencontré Lorraine la première fois, j’étais en tension. Je souffrais de ne pas être comprise. J’avais l’impression de ne pas être assez aimée. Je voulais de la considération. J’aspirais à un meilleur mieux-être et à une meilleure énergie. Pour ce faire, j’ai eu besoin de deux thérapies à différentes périodes.

La thérapie du tunnel m’a permis de mieux comprendre ma dynamique personnelle. Aujourd’hui, j’ai l’impression que les morceaux de mon casse-tête sont mis en place. Le pourquoi du pourquoi de ce manque d’amour et du rejet s’explique. Si j’avais su, est-ce que cela aurait changé le cours de ma vie? Est-ce que j’aurais été une meilleure personne? Je pense que oui.

Aujourd’hui, je me sens intérieurement plus solide, plus en confiance. Je m’affirme et m’assume davantage. Même si dans certaines circonstances, je reste fragile. Je sais reconnaître ce sentiment de vouloir avoir la place, d’être la « best », de vouloir à tout prix la reconnaissance de mes pairs. La différence c’est que je peux maintenant l’expliquer. Quelle libération, car je sais comment cela me gruge en-dedans.

Ça ne fait pas de moi une personne différente. Ça fait de moi une personne plus calme intérieurement et moins stressée. J’ai une meilleure confiance en moi et j’identifie davantage mes peurs. De plus, j’ai appris à régler mes conflits en communiquant. Je sais maintenant l’importance d’expliquer les choses et de discuter malgré le risque d’être blessée. C’est certain, si le besoin se faisait sentir, je n’hésiterais pas à retourner voir Lorraine.


 Les vraies ornières

…Du haut de mes huit ans, je me suis racontée maintes choses après la mort de mon père. Tout le monde sauf notre bonne de l’époque de mon enfance, s’entend pour dire que j’étais contrarieuse. Quand j’avais une idée derrière la tête, je me fixais là-dessus pour la faire arriver. Je me souviens que mon grand-père était autoritaire mais durant la thérapie je fus plutôt surprise de sentir qu'il avait usurpé le rôle de père. Coincée entre ma mère alcoolique et lui, je me suis formée une carapace dont je suis devenue la seule prisonnière. À date, je sens que trois tonnes de résistance se sont dissoutes au fur et à mesure que je me suis départie de mes chaînes….  

Une voix intérieure

Toute ma vie, j’ai été assise entre deux chaises. Insécure, je me tournais vers des emplois de soutenance et quand je n’en pouvais plus, je me tournais à nouveau vers ma passion, les arts. Je ne pouvais explorer les deux en même temps si bien que je ne me sentais bien, ni dans l’un ni dans l’autre.

À la suite de ma thérapie, je me suis engagée dans ma passion et je me suis promise d’aller au bout de moi. Je ne suis plus la personne conforme aux attentes de mon oncle et ma tante qui m’ont élevé de leur mieux tout en me transmettant surtout leurs peurs.

Obtenir amour et approbation

Je suis né dans une famille de 13 enfants et j’ai vite compris que pour obtenir ce dont j’avais besoin, il me fallait aider mes parents ainsi que mes frères et sœurs. Pourtant je n’étais pas un aîné. J’ai su très tôt dans ma jeune vie que je ne pouvais demander de l’aide. On me reflétait toujours ma force et mon courage. Si on avait su…

Mais mes problèmes semblaient être le moindre de leurs soucis. J’ai eu très mal de cette situation; j’ai continué d’essayer de prendre une place au même rang que tout le monde de ma famille, parfois en me reniant moi-même, parfois en imitant mes frères et mes sœurs, parfois en m’éloignant pour moins souffrir. Ma thérapie m’aura permis de prendre une place à moi au sein de ma famille sachant maintenant que je ne crée d’ombre pour les autres. Personne ne peut m’empêcher d’avancer dans ma vie et je n’ai pas à faire comme les autres. Ce lâcher prise me laisse des portes grande ouvertes pour continuer…

Redevenir le centre de mon appréciation personnelle

La violence vécue dans ma famille avait érodé toute fierté chez moi. Je me croyais pourri. Ma grand-mère maternelle a fait de son mieux, une enseignante à l’école primaire m’a aussi aidé, mais quand j’ai fait ma thérapie du tunnel, j’ai su que je partais de loin.

Mon vœu le plus cher était de savoir qui j’étais sous toutes ces couches défensives que j’utilisais pour me défendre. Je n’osais espérer…

Je n’ai pas eu à attendre très longtemps : mon enfant intérieur était tellement blessé que, lors de mes 9 ans, j’avais subtilisé des pilules de ma mère pour me retrouver dans un hôpital à me faire pomper l’estomac. Personne n’en a plus jamais parlé. À tort, j’ai cru que j’avais rêvé.

Influence déterminante

Ma mère, mon premier objet d’amour

Je veux te parler de ma mère, ce premier objet d'amour. Ma mère a 76 ans. Elle et mon père vivent dans la même maison où   j'ai grandi en...

Ma mère, c'est l'éternelle conseillère. Encore cet été elle me disait comment étendre mon linge sur la corde afin de maximiser le temps de séchage. Quand je me promène bras-dessus, bras-dessous avec ma belle grande fille de 17 ans, elle dit que nous avons l'air de lesbiennes. Quand je prépare une tasse de thé à ma fille, après lui en avoir offert une, ma mère me signifie que ce serait plutôt à ma fille de s'exécuter.

Ma mère prétend ne rien aimer. Pourtant, elle aime jouer aux cartes, parler, faire du ménage et préparer les repas. Elle se valorise particulièrement dans ces dernières activités. Ma mère est fière de ses origines paysannes. Elle répète à qui veut l'entendre qu'à l'âge de 14 ans, elle travaillait déjà, elle. À gages!

Ma mère n'aime pas les enfants. Elle les considère comme du bétail. Leur soumission à l'adulte doit être sans équivoque. Leur opinion ne fait pas le poids. Leurs sentiments sont banalisés. Un enfant, ça se dresse, tel un animal.

Avec une fille rebelle comme moi, le "dressage" n'est jamais terminé. Mais je ne m'en laisse plus imposer.

Lors de mes vacances chez elle l'an dernier, après ma thérapie, j'ai décidé de ne pas la confronter. Prise dans son rôle de victime, piégée par ses consommations de "brandy", prisonnière   de son agressivité après la lippée de fin d'après-midi, frustrée de ses 53 ans de vie commune avec mon père, son fiel coulait à flots.

Donc, avec le recul, ma petite semaine de vacances s'est avérée bénéfique. Tel un voyage initiatique, j'ai vécu l'émotion sans me dérober. Je l'ai accueillie à l'état brut.

Ma mère a le droit d'être comme elle est. Je ne la changerai pas. J'ai à composer avec le fait que c'est une personne intolérante, négative, non respectueuse d'autrui et déprimée. Comme je le disais à un de mes amis lors d'une discussion portant sur la souffrance de nos parents respectifs et la nôtre par ricochet, ce n'est pas nécessairement avec ces personnes que nous réglons nos problèmes. (Quelle sagesse!)

Depuis mon retour de vacances, je me sens plus légère. J'ai retrouvé mon niveau d'énergie d'antan, ma joie de vivre. J'ai entrepris des études de deuxième cycle et je caresse un projet amoureux. Je ne peux rien pour ma mère. Elle ne peut rien pour moi.

Mais tout compte fait, quand je me regarde, je trouve que je suis une belle personne. Ma mère, telle une sorcière, a contribué à cette potion magique, à la fabrication de cette femme que je suis.
Merci maman

Laisser dire cette partie de moi qui m'effraie

Je commence mon témoignage avec cette chanson entendue dans ma voiture alors que j'étais en route pour aller dire bonjour à ma blonde au cimetière. Je dis ma "blonde"; elle était brune, la plus belle à mes yeux, la plus douée...avec un sale caractère le matin, mais drôle jusqu'à la fin...une espèce de finesse d'esprit qu'on rencontre rarement...et c'est avec moi qu'elle a vécu pendant 32 ans...Je suis chanceux, J'AI AIMÉ!

Quand ma femme est décédée, il y a trois ans, je me suis d'abord perdu dans le travail. Facile, je suis policier et j'ai fait tous les remplacements   possibles pendant un an. Après la première année, au bout de mon rouleau, je rageais contre Dieu et les hommes sur mon triste sort. Une amie m'a prêtée son chalet du bout du monde dans les montagnes pour trois semaines. Les magasins les plus près étaient à presque deux heures de route. Tous les jours, je me suis rendu au bord des falaises et j'ai râlé sur ma perte. La vue des rochers m'a replombé quelque peu et je suis reparti vers la ville croyant avoir finalisé mon deuil.

Dès mon arrivée à mon domicile, mes mâchoires se sont resserrées et quand je me suis regardé dans le miroir, mon visage était drainé de toute couleur, de toute émotion aussi. Je me sentais aussi vidé qu'à mon départ pour le bout du monde comme si le stress s'était imprimé de bord en bord sur moi. Même après trois semaines de silence et de rage employée à lancer des roches au-dessus d'un paysage surplombant une mer agitée, j'étais à nouveau réduit à me sentir comme une coquille vide.

Pour comprendre ma rage, je vais tenter de vous expliquer. Vous voyez, tous les jours, je me lève et je combats le crime: j'arrête les gens qui volent, qui tuent, qui violent des jeunes filles et des enfants. Dans mon esprit, ceux-là vivent pour enterrer des bonnes personnes comme ma femme, des gens qui méritent de continuer à vivre. Et dire, que ma douce, ma bonne, ma vaillante Véro n'a pas eu cette chance me donne le goût de faire   l'irréparable. Qu'on me dise à moi que la vie est injuste! Ce soir-là, ma révolte a été à son comble. Je me remémorais un article sur les transplants de coeur qu'on fait sur les détenus en prison. Je me disais qu'une personne comme Véro, qui a besoin d'un rein, d'un coeur, sera quand même sur la liste d'attente derrière un tueur en série ou un pédophile. Elle, qui croyait en la vie, qui concevait ce qui pouvait rendre sa famille heureuse n'est plus, alors que d'autres ne sont que l'occasion pour donner de la souffrance. Pourquoi continuer?

Je me suis mis à pleurer de désespoir. Je crois que j'aurais pu mettre fin à mes jours ce soir-là si un ami proche n'était venu cogner à la porte. Il m'a suggéré l'approche du tunnel me disant qu'elle était parfaite pour les hommes (les systèmes de défense ont peu de chance avec cette approche selon ses dires). J'ai pris deux semaines pour me faire une idée, l'insomnie et la rage étant des incitatifs certains. Mon degré de tolérance aux tensions s'épuisait rapidement, je me suis dirigé vers la thérapie. Après huit sessions de deux heures chacune, je commençais à voir "la lumière au bout du tunnel". J'y plongeais, pas toujours de mon gré, mais je voulais "en revenir".

Pas du genre à me plaindre, le trajet n'a pas été en ligne droite. Loin de   là! Auparavant, je croyais que je réglais mes affaires au fur et à mesure.   Avec une bonne cuite privée, je revenais assez rapidement à ce que j'appelais mon "équilibre". Les vagues intérieures que je chassais juste un peu plus loin que le bout de mon nez m'ont pris d'assaut en thérapie. Mon besoin d'un "témoin" (Lorraine) pour m'enseigner les rudiments de   la compassion pour moi-même m'aura servi à voir plus facilement ce que j'avais vécu et sublimé dans un effort de ne pas ressentir. Je ne devinais pas que la perte de ma femme sous-tendait mon abandon à la naissance, la perte d'un petit frère de lait noyé à l'âge de sept ans et le départ de celle que j'ai toujours considéré ma soeur quand elle avait 18 ans. Pas surprenant que je me sois noyé dans l'apitoiement depuis son décès et que chaque fois   que je fermais les yeux, j'avais peur des rêves et des cauchemars. J'avais aussi peur de me lever le matin car les rêves étaient tout ce qui me restait de ma défunte femme.

La côte à monter m'a semblé abrupte, mais de jour en jour, le vide et le sentiment d'injustice envers la vie qui prend a fait place à des pensées du quotidien. Les premières fois, cela me déroutait et je m'en voulais. Le quotidien est si banal, cela me semblait une trahison à l'endroit de Véro parce que c'était insignifiant et futile. C'était difficile d'admettre que la "normalité" revenait et que d'autres pensées que celles de Véro pouvaient meubler mon esprit. De plus en plus, Véro a pris une place à part dans mon coeur et les pensées de moments vécus avec elle, ont fini par me faire du bien.

Ce qui me semblait impossible trois mois plus tôt a fini par prendre une place parmi d'autres moments dans ma vie. Aujourd'hui, je peux dire que je bénis la Vie qui a mis sur mon chemin cette femme merveilleuse, mais mon regard est maintenant tourné vers l'avenir, vers de nouveaux projets à bâtir.

En arriver à faire tous les deuils d'une vie a été un projet d'autoréalisation pour me projeter vers l'avenir. Ce voyage intérieur m'attendait! Pierre

Faire la lumière

J'ai envie d'écrire. D'être là...

D'être toute là, toute femme, toute fragile.

Posée, centrée, amoureuse,

Amoureuse de moi, de la vie et de la joie,

Amoureuse tout court, de la vie et de mon amour,

La vie est là, toute là,

Tout autour de moi, partout

En dedans, en dehors

Au travers

À l'endroit et à l'envers

En été et en hiver.

La vie est là, toute là et je la sens!

Je la sens! Je la sens! Je la sens!

Entends-tu?

Je la sens!

Si douce, si pure

Je l'apprivoise et elle m'épure

De cette souillure que je censure.

Et la vie et moi, on y parviendra

À faire le pas

Qui nous mènera là.

On y sera,

La vie et moi

Merci!
Merci la vie!
et merci Sandra!


Rose-Aimée écrit:
Depuis plusieurs années je me dis que mon passé empêche mon futur d’être le meilleur possible. Je commence le chemin de la guérison. Je souffre de stress chronique et aussi de symptômes comme la fatigue, le mal d’estomac, la tension, etc... J’espère qu’avec le temps et la thérapie, je ne me sentirai plus toujours stressée, prête à exploser. Je veux vivre une vie saine, remplie d’amour, d’énergie, et de bonne excitation pour ce qui va arriver dans l’avenir au lieu de le craindre. J’ai commencé à écrire et cela est mon début.  Après avoir écrit ce qui me trouble je me sens plus relaxe. C’est un bon début!

Message de Lorraine Loranger
Dans une société qui confond vitesse et résultats, ceux qui apprennent à ralentir vivent mieux le présent dans toute sa capacité. Ma pratique propose plusieurs ateliers pour la gestion de stress: apprivoiser le récit de vie, la communication non-verbale et prochainement la relaxation sensorielle avec 16 thèmes différents sont parmi les plus utiles. Des conférences sur la gestion de stress sont disponibles sur demande.

Commencez chaque journée comme étant une nouvelle journée, trouvez votre destinée, croyez en qui vous êtes et en qui vous voulez devenir.

Créez la vie que vous désirez. Commencez votre trajet avec une démarche puissante en possibilités...celle d’une nouvelle vie…la vie que vous voulez…retrouvez votre pouvoir  pour prendre en charge votre destinée. 

Merci de soutenir la mission éducative de Lorraine Loranger en transférant ce communiqué à vos contacts intéressés.