Les "trous" que créent les secrets sur les échecs de vie, les problèmes de divorce, les familles recomposées, laissent plusieurs membres dans un questionnement.
La famille désigne un ensemble de personnes unies par des liens de parenté (Gide). Chacun la considère une valeur sûre, capable de permettre de se réaliser et d'obtenir ainsi le bonheur. Même quand la "famille" semble une réalité bien admise, elle peut être source de souffrances. Chacun sait que converser sur la famille n'est jamais neutre. Chaque famille a vécu des "stress" dont elle n'a jamais parlé.
La famille désigne un ensemble de personnes unies par des liens de parenté (Gide). Chacun la considère une valeur sûre, capable de permettre de se réaliser et d'obtenir ainsi le bonheur. Même quand la "famille" semble une réalité bien admise, elle peut être source de souffrances. Chacun sait que converser sur la famille n'est jamais neutre. Chaque famille a vécu des "stress" dont elle n'a jamais parlé.
Le dictionnaire donne trois définitions du mot « secret » : ce sont trois manières de saisir ce qu’est un secret : 1- ce qui est délibérément dissimulé; 2- ce qu’on ne sait pas; 3- ce qui reste à découvrir.
Le sentiment d’appartenance est responsable de la loyauté inconsciente de l’individu envers son « clan »
Selon les experts sur « les secrets
de famille », le sentiment d’appartenance dans la pyramide de Maslow est
responsable de la loyauté inconsciente de l’individu envers son
« clan » et il génère la répétition inconsciente de destins
similaires dans une même famille. Pour ne donner qu’un exemple, des enfants se
priveront d’éducation si leurs parents sont peu éduqués. C’est un acte de loyauté. C’est un acte d’appartenance.
Les histoires cachées mises en actes
La transmission peut s'opérer négativement
à travers les histoires qui sont cachées, et ensuite mises en actes par les
faiblesses laissées pour ses ayants droits par les secrets des ancêtres. La
transmission peut être traumatique, car il s'agit d'un don mais aussi d'une
dette. Le processus de symbolisation-le rôle des transmissions, des
communications, des secrets, des répétitions, de la filiation et des liens
transgénérationnels est ainsi étroitement mêlé à travers les protagonistes de
l’arbre familial.
La situation de transmission doit être acceptée pour fonctionner
Celui qui adopte un comportement différent
dans la famille sera perçu comme le « mouton noir ». L'enfant
bénéficie de la situation de transmission s’il accepte d’être en situation de
recevoir la transmission et est capable d'intégrer ses expériences nouvelles à
l'ensemble de sa personnalité. Les noeuds familiaux ont beau jeu lorsque le
secret n'est jamais élucidé.
Prisonnier d’un secret, prisonnier d'une vie
Plusieurs personnes utilisent la
psycho-généalogie dans leur quête de renseignements quand ils se sentent
prisonniers d’un secret. Certains clients en thérapie du tunnel veulent
élucider surtout les secrets inavouables, liés au contexte historique
socio-culturel. Il n'est pas rare que liens toxiques et leurs effets sur le corps (psychosomatique et les maladies dites génétiques) soient faits. Les
dates ne me préoccupent pas beaucoup, mais j’encourage tous ceux qui font cette
démarche d’utiliser tout ce qui est disponible.
La conséquence de se relier à ses ascendants
Au début du travail en atelier sur les
« secrets de famille », j’avais le goût d’explorer les conséquences
de se relier à ses ascendants pour connaître davantage le projet parental, mais
je me suis vite rendu compte que d’être en contact avec ses ressentis
affectifs, de mieux définir son identité pour éprouver plus d’équilibre vont
au-delà du projet parental d’avoir un enfant.
Un « secret finit par peser sur tout le monde
Nous transportons notre famille, même
lointaine, avec nous de par ses croyances et ses conflits élucidés ou non. Les
parents ne savent pas toujours comment dire un « secret », mais quand
ils n’en parlent pas du tout, il finit par peser sur tout le monde. Les non-dits
sont normalisés lorsqu'il y a secret.
Les secrets plus de notre époque
Avec toutes les nouvelles technologies de
fécondation de l’embryon, on a davantage tendance à cacher aux enfants le
secret de leur conception. Les parents attendent le moment propice pour leur
révéler la vérité parce qu'ils ont peur de blesser l'enfant mais surtout parce
qu’ils ne savent pas comment s'y prendre. Ceux qui choisissent de garder le
secret craignent que l'enfant l'apprenne de façon inattendue, ce qui est certes
dommageable. Les situations bien réelles du secret de la conception existent
aussi pour des enfants conçus conventionnellement.
Un contenu caché et un interdit de dire
Un secret non-élucidé n'est pas seulement
quelque chose que l'on ne dit pas : il porte à la fois sur un contenu
caché et sur un interdit de dire. Il donne parfois à comprendre qu'il n’y a
rien qui fasse l'objet d'un secret, comme quand on entretient le mythe qu’on se
dit tout. Et rien n’est plus toxique que les secrets de famille. L’enfant
imagine le pire, il les reprend donc à son compte sans savoir ce qu'il
manifestera. De plus les non-dits provoquent son angoisse. Comme on ne dit
rien, il ne peut en parler sous peine de voir la désapprobation des siens. Ce
fut le cas de Sébastien, 4 ans. Sa mère partit pour l'hôpital et revint les
bras vides et personne n'expliqua ce qui était arrivé. On en reparla plus
jamais devant lui. Pendant des années, il fit des cauchemars où il se voyait disparaître dans
un trou noir. Un jour, ce fut l'oubli.
Un secret de famille génère une répétition
Selon les croyances des psychanalystes, et
psychologues et travailleurs sociaux, à partir du moment où il y a un secret,
il y a répétition. Ceci s’expliquerait par le fait que l’enfant acquière une
psychologie personnelle vers l'âge de trois ans, évoluant d'abord dans une
psyché communautaire, celle de la famille et de ses codes secrets.
Les secrets organisés autour de traumatismes vécus par une génération
Les secrets sont souvent organisés autour
de traumatismes vécus par une génération et incomplètement symbolisés par elle.
Il peut s'agir de traumatismes privés comme des échecs financiers, comme un
deuil, un abus sexuel, une mort par suicide, mais aussi collectifs comme une
perte d'argent, la guerre ou une catastrophe naturelle.
Notre façon de saisir le « secret »
John Bradshaw dit, que même si « elles ne sont pas inhérentes
à tout secret, les notions de tromperie, de dissimulation, de mensonge,
d’interdiction, de silence influencent directement notre façon de saisir le
« secret ». La volonté de dissimulation peut être inconsciente et
demeurer inconnu du sujet » ».
Les secrets influencent la vie de l’individu à son insu
Les questions restent sans réponses et
influencent la vie de l’individu à son insu. Les secrets ont tendance à être
maintenus sous couvercle durant plusieurs générations dans le but de protéger leurs ascendants.
L’enfant se sent obligé de réparer les fautes des autres
Comme l’enfant est également le récipient
des projections familiales, il est parfois chargé de restaurer les rêves perdus
de chacun. L’enfant qui sent la tristesse de ses parents pense que c’est à
cause de lui, qu’ils ont honte de lui, et finalement, il s’invente plein
d’histoires faute d’explications. Ces explications jouent un grand rôle dans la
vie : il se sent coupable, il se sent obligé de réparer les fautes des
autres. Il comprend tout à l’envers et c’est ainsi que les secrets se
perpétuent.
Ce que le corps dit à notre insu
« Lié à une souffrance occultée, le
secret existe néanmoins dans nos modes de communication tout à la fois verbale
(ce que l’on dit pour cacher la vérité) et non-verbale (ce que le corps dit à
notre insu). Il est à la fois ce qui est caché et ce qui révèle le mystère, ce
qui n’existe pleinement qu’au moment où il disparaît ».
Une fidélité inconsciente aux drames de
nos aïeux provoque des maux
L’hérédité, la génétique n’expliqueraient
donc pas tout. Une fidélité inconsciente aux drames de nos aïeux provoquerait
bien des maux, même des suicides. À travers le suintement des secrets, par des
mots, des lapsus, des comportements, l’enfant absorbe la souffrance de son
parent et il agit des comportements pour « dire » les drames, même
ceux dont il ne sait rien.
Les « bagages transgénérationnels»
Cette fidélité se traduit souvent par des
difficultés et des souffrances dont il cerne rarement la cause véritable
(Catherine Labbé). Elle
expliquerait d’ailleurs pourquoi Freud lui-même souffrait de terribles maux
d’estomac avant d’aller manger chez sa mère chaque dimanche alors que son petit
frère était mort d’une maladie d’estomac. Elle expliquerait aussi pourquoi
Micheline Charest serait décédée lors d’une chirurgie…comme son père avant
elle. On appelle ses liens les « bagages transgénérationnels».
Les schémas du passé abordés
permettent de dissoudre la menace
Les non-dits cachent souvent des questions
de sexe et de mort. Au lieu de les fuir, le tissu familial abordé permet de
dissoudre la menace de l’histoire et les schémas du passé qui causent
obstacle.
La place du transe-générationnel dans le développement de problèmes de santé
L’inconscient familial est un sujet
fascinant pour des psychanalystes et des intervenants qui réfléchissent à la
place du transgénérationnel dans le développement de la maladie, des échecs et
des psychoses.
Après avoir étudié avec Anne
Ancelin-Schutzenberger, « Aïe, mes aïeux », mon premier cours de psychogénéalogie d’avril à juin 2002 donne de la matière pour le travail que
j'ai effectué en thérapie du tunnel.
Les étapes à prévoir pour dévoiler des
secrets sont importantes
C’est d’abord et avant tout pour soi-même
que l’on tente de mettre à jour le « secret ». La révélation demande
de se préparer pour dire les bonnes choses aux bonnes personnes. Parce que
c'est aussi une question de respect, les étapes à franchir sont d’autant plus
importantes que le support est souvent inexistant quand on veut faire une telle
démarche. Ce n’est pas pour rien que je suggère une démarche accompagnée par un
professionnel qui travaille avec le récit de vie ou qui utilise le
génosociogramme.
Sortir de sa prison intérieure pour se
libérer des secrets
Il y a bien sûr un prix à payer pour
garder un secret intact. Le secret toxique constitue les barreaux de la prison
intérieure! Il est peut-être temps d’en sortir. La réconciliation avec les événements du
passé occasionne un lâcher
prise qui permet à l’individu
de recommencer à regarder en avant et à agir dans l’Ici et Maintenant pour
créer un avenir cohérent et à la mesure de ses rêves.
Des limites s’enlèvent pour rendre plus disponibles les ressources
Somme toute, la personne qui consulte se
guérit elle-même en utilisant dorénavant plus de ses ressources découvertes au
moyen de la thérapie du tunnel. Des limites s’enlèvent grâce à l’aide du
subconscient et rendent alors plus disponibles les ressources inutilisables
auparavant.
BIBLIOGRAPHIE
Schützenberger, Anne Ancelin (1993) Aïe, mes aieux! Desclée de Brouwer, Collection La Méridienne.
Berne, Éric (1977) « Que dites-vous
après avoir dit bonjour? » Évreux, Tchou Éditeur.
Bradshaw, John (1997) La famille et ses secrets : Ce que vous ne savez pas peut vous faire du mal Éditions Flammarion.
Langlois, Doris et Lise (2005) La psycho généalogie : Transformer son héritage psychologique, Les Éditions de l’homme.
Message de Lorraine Loranger
Dans une société qui confond vitesse et résultats, ceux qui apprennent à ralentir vivent mieux le présent dans toute sa capacité. Ma pratique propose plusieurs ateliers pour la gestion de stress: apprivoiser le récit de vie, la communication non-verbale et prochainement la relaxation sensorielle avec 16 thèmes différents sont parmi les plus utiles. Des conférences sur la gestion de stress sont disponibles sur demande.
Commencez chaque journée comme étant une nouvelle journée, trouvez votre destinée, croyez en qui vous êtes et en qui vous voulez devenir.
Créez la vie que vous désirez. Commencez votre trajet avec une démarche puissante en possibilités...celle d’une nouvelle vie…la vie que vous voulez…retrouvez votre pouvoir pour prendre en charge votre destinée.
Merci de soutenir la mission éducative de Lorraine Loranger en transférant ce communiqué à vos contacts intéressés.
Bonjour Madame,
RépondreSupprimerJe suis en train de lire sur les secrets de famille et tout un coup, je me suis rappelée quelque chose. Ce n'est pas un secret, c'est plutôt un questionnement. Toute petite, 3-4 ans, notre maison a brûlé: mes parents et nous les enfants sommes partis vivre chez la parenté pour un temps. Je n'avais que mon pyjama sur le dos. Ce que je vais dire est peut-être incroyable, mais à partir de ce moment-là, je n'ai gardé aucun souvenir, ni avant, ni après. C'est comme si mes souvenirs s'effacent au fur et à mesure. Je ne suis pas alzeimer, mais j'ai fait de nombreux voyages et pourtant, on doit me rappeler ce que nous y avons fait pour que cela me revienne, flou et peu précis. Je dis tout le temps que je vis au présent. Une partie de moi ne peut garder de souvenirs: est-ce que ça pourrait être relié? Merci pour votre réponse à venir.
Bonjour,
RépondreSupprimerJe ne sais pas qui ça peut intéresser, j'ai une mère et pas de père. Mais oui, il y a un père mais sa présence se confine au geste de don de sperme. Ma mère l'a ainsi réduit à une éjaculation de spermatozoïdes dans le but de procréer. Sa dimension risible de père congelé dans les entrailles maternelles m'a donné le sentiment d'être détestable, laide, pas aimable, vouée à la déchéance.
À la maternelle déjà, cette différence me singularise et c'est comme si je suis marquée au fer rouge. Pire encore, à l'adolescence, on ne m'invite nulle part. Je passe des jours entiers dans ma chambre. Rendue au collège, j'en ai pris mon parti, je m'isole.
Vous vous dites que c'est une rengaine d'ado, si vous saviez comme ça me fait ... car je me dis que c'est injuste.
Il y a trop de choses en moi qui veulent se dire. Je n'ai jamais fait de thérapie et j'aurais plutôt peur d'en mourir de tant de tristesse et de rage en même temps.
Qu'en dites-vous? Coralie
Bonjour Coralie,
RépondreSupprimerJe comprends ce que vous me dites et je comprends que vous soyez triste et en colère. Vous devez faire le ménage dans tout ça. Vous en avez à dire, dites-vous? Et vous avez une vie à vivre!
Ne voudriez-vous avoir la chance d'avoir une vie comblée? Vous êtes jeune, le passé peut être remisé et la vie pourrait être facile à vivre. Lire sur le blog "Le récit de vie émotionnel vous promet une vie grandeur nature" (14-05-12)
et tous les GUÉRIR DES AUTRES.
Merci, Coralie, de vous partager ainsi,
Je suis à votre disposition,
Lorraine Loranger
Bonjour, J'ai lu plusieurs de vos textes, l'un sur la culpabilité "La honte et la culpabilité liés aux secrets de famille (25/04/13) me rejoint, mais comme j'ai lu les commentaires, j'ai pensé le mettre avec ceux-ci.
RépondreSupprimerLa culpabilité, je connais. Depuis que je suis toute petite, je la sentais sans savoir d’où elle venait...Ce n’est pas une véritable souffrance, mais quelque chose en moi n’était pas «normal», pas réglé. En plus d’un manque évident de confiance en moi, je suis souvent sujette à des crises d’angoisses, et je ressens presque en permanence une grande culpabilité dont je n’arrive pas à identifier l’origine.
Quand j’entame une psycho-généalogie, nos discussions tournent autour de ma famille, en particulier celle de ma mère : je dirais que cette famille unie,traditionnelle, a des principes et des valeurs strictes. Mon grand-père y règne en maître. Militaire de carrière, c’est un homme droit et dur qui exerce sur les membres de la famille une sorte d’emprise. Mon père a peu de place dans son empire de femmes.
Plus tard, je fais une démarche de thérapie basée sur la mémoire du corps et de l’inconscient, qui me révèle que mon grand-père a été incestueux, parfois par des attouchements, parfois par un «climat incestueux» qu’il fait régner sur "son harem". Il ne laissait aucune place à la pudeur de ses filles n’ayant aucun problème à s’exhiber devant elles.
Mon corps et mon inconscient ont enregistré ce souvenir. Par les différentes scènes, j’en conclus que ma mère s'en inquiète et que j’ai enregistré les angoisses de ma mère, «offertes en héritage».
Je n’avais aucun souvenir de ces événements, j’avoue que cela m’a perturbé et j’étais un peu sceptique au début. Mais depuis, j’avoue que j’ai l’impression d’avoir brisé un cycle.
Je sais que le destin n’est pas implacable, mais la naissance de ma fille un an plus tard, et ce travail me donne espoir que je ne lui transmettrai pas à son tour des bagages qui ne sont pas à elle.
Bien vôtre, Maryse
Bonjour Maryse,
RépondreSupprimerMerci pour votre merveilleux témoignage. Vous avez creusé aux bons endroits dans votre vie. Je pense que, quand on sait, on se munit pour mieux protéger. Faut juste faire attention de ne pas en faire trop!
Merci encore,
Lorraine Loranger
www.aunomdelasante.com